Nous vous proposons aujourd’hui cette note publiée le 13 mars 2025 sur le site de l’INSEE (cliquer ici pour accéder au site de l’INSEE)
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8383720.html
Forte hausse attendue de la demande de services à la personne d’ici 2050
Grégoire Borey, Olivier Diel, Luigi Muzzolin (Insee)
Insee Première No 2042 Paru le : 13/03/2025
En France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, 3,9 millions de ménages ont recours aux services à la personne en 2019, soit 13,8 % de l’ensemble des ménages. Dans l’Hexagone, le taux de recours à ces services est plus marqué dans les départements de l’Ouest, et plus faible en Martinique et à La Réunion.
Ces écarts s’expliquent en partie par les caractéristiques des populations : les ménages âgés et ceux dont le niveau de vie est élevé utilisent davantage les services à la personne. Le vieillissement de la population a ainsi fortement contribué à la hausse du nombre de ménages utilisateurs (+7,5 %) par rapport à 2013, plus marquée que celle de l’ensemble des ménages (+4,5 %).
Cette croissance se poursuivrait dans les années à venir, de manière plus prononcée sur la façade atlantique et dans le Sud-Est. D’ici 2050, dans le scénario central, 5 millions de ménages utiliseraient ces services en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion.
Sommaire
Davantage de recours aux services à la personne dans l’ouest de l’Hexagone
Un recours nettement plus fréquent pour les ménages les plus âgés et les plus aisés
Pour les personnes âgées, un recours plus faible en présence de potentiels aidants familiaux
Le vieillissement de la population, moteur de la hausse du recours aux services à la personne
Encadré – Des centaines de milliers de salariés à former et à recruter d’ici 2050
Davantage de recours aux services à la personne dans l’ouest de l’Hexagone
En 2019, 3,9 millions de ménages ont recours aux services à la personne en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion. Cela représente 13,8 % de l’ensemble des ménages qui y résident. Entre 2013 et 2019, le nombre de ménages utilisateurs de services à la personne a augmenté de 270 000. Portée principalement par le vieillissement de la population, cette hausse a été plus rapide que celle de l’ensemble des ménages (+7,5 % contre +4,5 %).
En 2019, le fort recours des ménages résidant à l’Ouest de l’Hexagone contraste avec une utilisation nettement moins fréquente dans l’Est, en Corse, en Martinique et à La Réunion
Au sein des aires d’attraction des villes, le taux de recours est plus fort dans les couronnes que dans les pôles. Ainsi, 16,0 % des ménages de la couronne de l’agglomération toulousaine recourent aux services à la personne, contre 12,9 % des ménages du pôle toulousain et 13,8 % des occitans habitant en dehors des aires d’attraction des villes, ce qui s’explique par des différences entre les caractéristiques des populations peuplant ces territoires.
En 2019, en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, la moitié des ménages utilisateurs ont dépensé plus de 1 430 € (dépense médiane). Cependant, ces montants varient très fortement d’un ménage à l’autre : les 10 % des ménages qui dépensent le plus y consacrent 5 510 €. Cette somme est 24 fois supérieure à celle des 10 % des ménages qui dépensent le moins.
Parmi les utilisateurs, la dépense médiane est nettement supérieure à la médiane nationale en Martinique (2 200 €) et à La Réunion (2 430 €), alors que le taux de recours y est faible. De manière générale, plus le recours est répandu dans un territoire, moins l’usage est intensif. Ainsi, si le taux de recours est nettement supérieur à la moyenne nationale en Bretagne, seule la moitié des ménages de cette région y consacre plus de 1 160 € en 2019. Le recours est en revanche nettement plus rare en Corse, mais la moitié des ménages concernés dépensent plus de 1 660 €, et ce montant dépasse même 7 310 € pour 10 % d’entre eux.
En Île-de-France la dépense médiane est la plus élevée de l’Hexagone (2 240 €). Tous les départements de cette région se situent au-dessus de la médiane nationale, alors que les taux de recours y sont très hétérogènes, avec des taux parmi les plus élevés de France (Paris, Hauts-de-Seine) et d’autres parmi les plus bas (Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise).
Un recours nettement plus fréquent pour les ménages les plus âgés et les plus aisés
Le recours aux services à la personne augmente avec le niveau de vie. Si les écarts en bas et au milieu de la distribution des revenus restent faibles, les ménages les plus aisés se détachent nettement des autres. En particulier, parmi les 10 % de ménages les plus aisés, 40 % ont recours à ces services. Les montants dépensés suivent une tendance similaire. Ainsi, l’usage par les ménages aisés ne se limiterait pas à satisfaire des besoins essentiels, comme pallier une perte d’autonomie, mais pourrait aussi s’inscrire dans une recherche d’un meilleur confort de vie, ou d’une meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, avec une aide pour les tâches domestiques et la garde d’enfants par exemple.
Les ménages dont la personne de référence a 80 ans ou plus se distinguent par un taux de recours très élevé (41 %). L’assistance aux personnes âgées ou dépendantes constitue la principale activité des organismes prestataires. Le recours est facilité par l’existence d’aides sociales pour le maintien à domicile des personnes âgées. Ainsi, l’usage de services à la personne est supérieur à celui de l’ensemble de la population même pour les ménages âgés les plus modestes (20 % des 10 % de ménages âgés les plus modestes ont recours aux services à la personne) et il progresse fortement dès le bas de la distribution des revenus. Par rapport aux autres tranches d’âge, le recours des ménages âgés semble davantage tourné vers la satisfaction de besoins essentiels.
L’Île-de-France diffère des autres régions par une forte proportion de ménages aux revenus très élevés : 10 % d’entre eux y ont un niveau de vie annuel supérieur à 49 100 euros en 2019, soit 10 000 euros de plus que pour l’ensemble de la France métropolitaine, de la Martinique et de La Réunion. Cette situation contribue à accroître le recours aux services à la personne. Cependant, l’Île-de-France se distingue aussi par la jeunesse de sa population, ce qui a au contraire tendance à freiner ce recours. La Nouvelle-Aquitaine se caractérise par une situation inverse, avec une population âgée favorisant un taux de recours élevé, mais un niveau de vie relativement modeste des ménages qui l’atténue.
Dans d’autres régions, les effets de l’âge et du niveau de vie vont dans le même sens. C’est le cas des Hauts-de-France qui combinent une population jeune et des ménages au faible niveau de vie. Ces particularités contribuent au taux de recours relativement bas (12,1 %) de cette région.
Pour les personnes âgées, un recours plus faible en présence de potentiels aidants familiaux
Le recours aux services à la personne dépend également de la composition des ménages et du mode de cohabitation. Lorsque la personne de référence a moins de 65 ans, les familles avec enfants font plus souvent appel aux services à la personne que les ménages sans enfants. Au-delà de la garde de jeunes enfants à domicile, cette tendance s’explique par des besoins d’accompagnement scolaire ou d’aide aux tâches ménagères accrus. Les jeunes familles monoparentales, également concernées par ces besoins, utilisent pourtant moins ces services que les couples. Leurs moyens financiers, souvent plus faibles, peuvent l’expliquer.
À l’inverse, pour les ménages plus âgés, le recours aux services à la personne est moindre en présence d’enfants, souvent majeurs, dans le foyer. En effet, les enfants représentent plus de la moitié des proches aidants d’une personne âgée, limitant ainsi le besoin d’aide extérieure. En revanche, le besoin est très marqué pour les personnes âgées vivant seules, en particulier celles de 80 ans ou plus, dont le taux de recours est de 44 % en 2019. À tous âges, le taux de recours est plus faible pour les familles monoparentales que pour les couples.
La composition des ménages varie relativement peu d’une région de France métropolitaine à une autre. À l’échelle départementale, Paris se distingue nettement par une faible part de couples et une forte proportion de personnes seules. La jeunesse de la population parisienne, notamment de jeunes vivant seuls, limite le recours aux services à la personne.
En Martinique et à La Réunion, la présence de différentes générations au sein d’un même ménage est fréquent, ce qui diminue les besoins d’aide extérieure pour les personnes âgées. Ces îles comptent aussi un grand nombre de familles monoparentales ; or, ces dernières ont globalement moins recours aux services à la personne que les couples (4,2 %, contre 11,2 % à La Réunion).
Le vieillissement de la population, moteur de la hausse du recours aux services à la personne
D’ici 2050, le nombre de ménages utilisateurs augmenterait pour atteindre 4,4 à 5,5 millions selon le scénario. Dans le scénario central, environ 5 millions de ménages auraient recours aux services à la personne en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion. Cela représente une hausse d’un peu plus d’un quart des utilisateurs entre 2019 et 2050 (+27 %).
Quel que soit le scénario, le vieillissement de la population, et surtout la hausse du nombre de personnes de 80 ans ou plus, serait le principal moteur de la hausse du recours. Dans le scénario central, il représente 85 % de l’effet total. L’augmentation de la population totale contribuerait à hauteur de 10 %, tandis que l’évolution de la structure des ménages jouerait pour 5 %. Ce dernier effet est la conséquence du recul de la mise en couple à âge donné et du vieillissement de la population qui augmentent la proportion de personnes vivant seules.
En 2019, 41 % des personnes âgées de 80 ans ou plus recourent aux services à la personne. Dans le scénario central, retenu pour la suite, la demande de services serait stimulée par l’augmentation de 3,6 millions de personnes dans cette tranche d’âge d’ici 2050.
À l’horizon de projection, la proportion de ménages utilisateurs composés d’une personne seule augmenterait de 7 points, atteignant 44 % en 2050. Ces ménages sont très utilisateurs de services lorsqu’il s’agit de seniors isolés. À l’inverse, la part des couples dans l’ensemble des ménages utilisateurs reculerait de 8 points pour représenter 47 % de l’ensemble. Deux causes principales à cela : d’une part le vieillissement de la population qui augmente le nombre de personnes âgées vivant seules, d’autre part la baisse des mises en ménages des populations plus jeunes. La part de familles monoparentales et de personnes vivant hors famille, qui ont des taux de recours très faibles, resterait stable.
Une hausse du recours aux services à la personne plus forte sur la façade atlantique et dans le Sud-Est
Sur la façade atlantique allant du Morbihan aux Landes, la progression du recours aux services à la personne serait la plus forte, autour de 45 % .
Elle se situerait entre 30 % et 48 % dans le Sud-Est. Les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes feraient figures d’exception, avec seulement 20 % de hausse. Dans ces départements la population resterait en moyenne plus jeune, notamment dans les aires d’attraction des villes de Marseille et de Nice. Du centre jusqu’au Nord-Est, la population diminuerait et ne vieillirait plus beaucoup. L’augmentation de la demande y serait faible, de l’ordre de 10 à 20 %.
En Île-de-France, le taux de recours des ménages des départements situés au Nord et à l’Est de Paris progresserait de façon plus marquée dans le reste de la région. La population de ces départements amorcerait son vieillissement d’ici 2050, ce qui augmenterait la demande. À Paris, la stagnation de la demande serait due à la baisse de la population qui compenserait son vieillissement. D’ici 2050, les 20 départements les plus peuplés, avec de grandes agglomérations, contribueraient pour 50 % à la hausse du nombre de ménages utilisateurs. Cette hausse serait portée par le vieillissement des périphéries, alors que les pôles urbains resteraient jeunes. Dans les DOM, le nombre de ménages utilisateurs à La Réunion progresserait d’environ 33 %, portés par une forte augmentation du nombre de personnes âgées. En Martinique, la forte hausse du nombre de personnes de 80 ans ou + (+141 %) limiterait l’effet de la baisse de la population (-33 %) sur le nombre de ménages utilisateurs qui ne reculerait que de 3 %.
Encadré – Des centaines de milliers de salariés à former et à recruter d’ici 2050
En France, en 2019, un peu plus d’un million de salariés travaillent dans les services à la personne, la plupart à temps partiel. L’activité du secteur représente environ 400 000 emplois en équivalent temps plein. Si la consommation de services progressait au même rythme que le nombre de ménages utilisateurs d’ici 2050, les évolutions à venir nécessiteraient 100 000 emplois en équivalent temps plein de plus, soit 300 000 salariés de plus à comportements de temps partiel constants.
Ce chiffre est probablement une estimation basse car, en 2050, les ménages utilisateurs seront plus âgés et auront de ce fait un usage des services à la personne plus intensif. Une méthode de prise en compte du vieillissement des ménages utilisateurs suggère que le besoin d’emplois additionnels atteindrait 170 000 équivalent temps plein, soit 500 000 salariés supplémentaires.
En plus de salariés supplémentaires à recruter d’ici 2050, le secteur devra également faire face au renouvellement de 800 000 salariés qui y travaillent actuellement et qui auront plus de 65 ans à l’horizon de projection.
Commentaires
Asept ,dans les Pyrénées Atlantique ,lance une consultation auprès des séniors pour connaitre davantage leurs désiratas au niveau de leur mode de vie futur ,Leur but est de créer et prévoir les futures aides vu l'augmentation du nombre de gens dépendants