Nous vous proposons aujourd’hui cette note longue mais si intéressante publiée dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°7 du 10 mars 2026 sur le site du ministère chargé de la santé (cliquer ici pour accéder au site du B.E.H.)
https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/7/2026_7_1.html
Augmentation du prix du tabac : opinion et motivation à l’arrêt des fumeurs français en 2022 (Soumis le 16.09.2025)
Anne Pasquereau (anne.pasquereau@santepubliquefrance.fr), Romain Guignard, Raphaël Andler, Viêt Nguyen-Thanh Santé publique France, Saint-Maurice
Résumé (Contexte, Méthodes, Résultats, Conclusion)
Résumé
Contexte – En France, les taxes sur le tabac ont augmenté à plusieurs reprises dans le cadre des plans nationaux de lutte contre le tabagisme, puis sont restées stables dans le contexte de la crise du Covid-19. L’objectif de cette étude est de rendre compte de l’évolution récente de l’opinion des Français sur l’augmentation des taxes sur le tabac, et de la motivation à l’arrêt qu’elles suscitent parmi les fumeurs.
Méthodes – Les données viennent d’une enquête téléphonique réalisée en 2022 par Santé publique France. L’échantillon, constitué de manière aléatoire, comptait 3 229 individus de 18 à 75 ans vivant en France hexagonale, Corse incluse.
Résultats – En 2022, près de la moitié (48,8%) des 18-75 ans estimaient que l’augmentation des taxes sur le tabac était justifiée, proportion stable par rapport à 2018. Cette proportion variait, allant de 19,4% parmi les fumeurs quotidiens, en baisse par rapport à 2018 (23,4%), à 64,0% parmi les personnes n’ayant jamais fumé (62,4% en 2018, différence non significative). Un tiers des fumeurs ont déclaré que les hausses du prix du tabac les avaient motivés à arrêter de fumer, en baisse par rapport à 2018. Un tiers des ex-fumeurs ayant arrêté depuis moins de 5 ans ont déclaré avoir été motivés par les hausses du prix du tabac. La probabilité d’être motivé à arrêter de fumer pour cette raison était plus élevée parmi les fumeurs ayant les revenus les plus faibles.
Conclusion – La hausse du prix du tabac semble avoir un impact sur la motivation à arrêter de fumer, notamment chez les fumeurs de milieux socio-économiques défavorisés. Cependant, une baisse de ces indicateurs a été observée chez les fumeurs, qui pourrait être liée à la moindre augmentation du prix du tabac au cours des 2 dernières années observées.
Introduction
L’augmentation des taxes sur le tabac est une des mesures les plus efficaces pour réduire sa consommation. La convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac recommande sa mise en place parmi les ʺmesures financières et fiscales visant à réduire la demande de tabacʺ. De nombreuses études menées dans différents pays à travers le monde ont examiné l’impact des taxes et du prix du tabac sur sa consommation dès les années 1970. Le Centre international de recherche sur le cancer a montré, à partir de ces études, qu’il existait des preuves suffisantes de l’efficacité de l’augmentation des taxes et du prix du tabac pour réduire sa consommation globale et diminuer la prévalence du tabagisme. La hausse des prix permet de prévenir l’initiation chez les jeunes et d’encourager l’arrêt ou la réduction de l’usage chez les consommateurs actuels. En particulier, parmi les fumeurs, le prix du tabac fait partie des principales raisons qui les motivent à arrêter de fumer.
En moyenne, une hausse des taxes sur le tabac permettant d’en augmenter le prix de 10% réduit le tabagisme de 4% dans les pays à revenus élevés. L’élasticité du prix du tabac, soit la variation en pourcentage de la consommation en réponse à une variation de 1% du prix, s’élève ainsi à -0,4 en moyenne.
En France, le 2e programme national de lutte contre le tabac (PNLT) de 2018-2022 avait pour objectif de porter progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 €, comme annoncé par le gouvernement dès juillet 2017. En janvier 2018, une première forte hausse a été mise en place. Le prix moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue est ainsi passé de 7,05 € en 2017 à 7,88 € en 2018 pour atteindre 9,95 € en 2020. La période qui a suivi a été marquée par un ralentissement de cette politique de prix : la hausse observée entre 2020 et 2021 était de moindre ampleur que celle des années précédentes (10,50 € en 2021), et les prix n’ont pas varié entre 2021 et 2022. Concernant le tabac à rouler, les prix ont augmenté dès 2017 (de 9,85 € en 2016 à 11,47 € en 2017) et jusqu’en 2021 (19,50 €).
Par ailleurs, les années 2020 et 2021 ont été marquées par la pandémie de Covid-19. Les conséquences économiques et sociales de cette pandémie ont pu aussi accentuer le poids du prix dans le projet d’arrêter de fumer, en particulier parmi les fumeurs les plus défavorisés qui ont été les plus impactés par la crise.
Dans ce contexte, l’objectif de cette étude est de relever l’évolution récente de l’opinion de la population adulte française sur l’augmentation des taxes sur le tabac, et de la motivation à l’arrêt qu’elle a suscitée parmi les fumeurs.
Les raisons d’arrêter de fumer
Dans cette même enquête, deux questions ouvertes ont été posées aux fumeurs quotidiens dont la dernière tentative d’arrêt datait d’un an ou moins (n=165) et aux ex-fumeurs ayant arrêté il y a un an ou moins (n=60) sur les raisons de leur tentative/de leur arrêt : ʺQuelle est la principale raison qui vous a poussé à arrêter de fumer ?ʺ et ʺQuelle est la deuxième raison qui vous a poussé à arrêter de fumer ?ʺ. Pour l’analyse, cinq catégories ont été créées et regroupent les principales raisons citées :
–la santé : craintes pour votre santé future, un problème de santé actuel/passé ;
–l’entourage : santé de votre entourage (enfants, famille, amis, collègues), leur exposition à la fumée de tabac, la demande/la pression de votre entourage ;
–le prix du tabac ;
–la grossesse ou le désir d’enfant : grossesse, prévision d’une grossesse ou naissance d’un enfant ;
–les effets indésirables du tabac : effets du tabac sur la qualité de vie (odeur, souffle, énergie, peau, dents, esthétique…), lassitude vis-à-vis de la dépendance.
Est commentée principalement dans cette publication la place du prix parmi les raisons citées. Ces questions avaient été posées dans le Baromètre santé 2010, mais les questions étaient fermées, les modalités de réponse étant citées. L’analyse des évolutions et ses limites sont mentionnées en discussion.
Opinions sur les augmentations des taxes sur le tabac
En 2022, 48,8% des 18-75 ans estimaient que l’augmentation des taxes sur le tabac était justifiée : 30,7% tout à fait, 18,1% plutôt. À l’inverse, 47,3% trouvaient ces augmentations non justifiées dont 14,1% plutôt pas et 33,1% pas du tout (3,9% ont répondu ne pas savoir).
La part des 18-75 ans trouvant tout à fait justifiée l’augmentation des taxes sur le tabac est en hausse entre 2018 et 2022, de 26,4% à 30,7%. Cependant la proportion de ceux qui la jugent plutôt justifiée diminue sur la même période, de 21,9% à 18,1%. Globalement, la part de personnes trouvant justifiée la hausse des taxes sur le tabac est stable de 2018 à 2022 (48,3% et 48,8%).
Les opinions et leurs évolutions diffèrent selon le statut tabagique :
–la proportion de fumeurs quotidiens trouvant justifiée l’augmentation des prix du tabac s’élève à 19,4% en 2022 et est en baisse par rapport à 2018 (23,4%), proche du niveau observé en 2010 (17,9%) ;
–en 2022, la moitié des fumeurs occasionnels et des ex-fumeurs trouvaient justifiée l’augmentation (respectivement 50,9% et 53,5%), proportions stables par rapport à 2018 ;
–parmi les personnes qui n’ont jamais fumé, en 2022, 64,0% trouvaient justifiée l’augmentation des taxes sur le tabac, proportion stable par rapport à 2018. Cette stabilité résulte d’une hausse des personnes répondant tout à fait (de 35,6% à 44,8%) et d’une baisse de ceux répondant plutôt
(de 26,7% à 19,2%).
Facteurs associés à l’opinion sur l’augmentation des taxes sur le tabac
En 2022, toutes choses égales par ailleurs, la probabilité de trouver justifiée l’augmentation des taxes sur le tabac était :
–plus élevée parmi les 55-75 ans que parmi les 18-34 ans ;
–plus élevée parmi les personnes titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat et parmi le tiers de la population aux revenus les plus élevés ;
–plus élevée parmi les fumeurs occasionnels et les ex-fumeurs, et nettement plus élevée parmi les personnes n’ayant jamais fumé que parmi les fumeurs quotidiens.
Les interactions entre le statut tabagique et chacune des autres variables du modèle ne sont pas significatives.
Ces résultats sont similaires à ceux de 2018. Ils soulignent le lien entre cette opinion et le statut tabagique et montrent une opinion marquée socialement, les plus favorisés étant plus favorables aux hausses de prix.
L’augmentation du prix comme motivation à l’arrêt du tabac
En 2022, 33,9% des fumeurs (quotidiens et occasionnels) de 18-75 ans ont déclaré que les augmentations du prix du tabac les motivent à arrêter de fumer (16,6% tout à fait et 17,3% plutôt). La part de fumeurs motivés à arrêter par les hausses de prix diminue par rapport à 2018 (43,6%), principalement du fait d’une baisse significative des « plutôt » motivés de 24,5% à 17,3%.
En 2022, 34,2% des ex-fumeurs quotidiens ayant arrêté il y a moins de 5 ans déclaraient avoir été motivés par les augmentations du prix du tabac (17,7% tout à fait et 16,5% plutôt). Ces données ne varient pas vraiment par rapport à 2018.
Parmi les fumeurs de 18-75 ans en 2022, la probabilité d’être motivé à arrêter de fumer par les hausses de prix du tabac était :
–plus élevée parmi les femmes que parmi les hommes ;
–plus élevée parmi le tiers des fumeurs aux revenus les plus bas par rapport au tiers des fumeurs aux revenus les plus élevés, ce qui n’était pas le cas en 2018 ;
–plus élevée parmi les fumeurs occasionnels par rapport aux fumeurs quotidiens, qui eux-mêmes ne se distinguent pas selon le nombre de cigarettes fumées par jour, alors qu’un gradient était observé en 2018.
Le prix comme raison pour arrêter de fumer
La santé est la principale raison mentionnée par les fumeurs ou ex-fumeurs ayant fait une tentative d’arrêt ou ayant arrêté de fumer dans l’année : plus de la moitié d’entre eux la mentionnent en premier (52,3%, dont 35,9% des craintes pour la santé future et 15,9% un problème de santé actuel ou passé), et plus des deux tiers (69,0%) en premier ou en deuxième. Le prix du tabac est la seconde raison mentionnée par les répondants (16,1% en premier et 38,9% en premier ou en deuxième). La part d’individus mentionnant le prix du tabac comme raison d’arrêter de fumer est en hausse par rapport à 2010 (25,1%).
Principaux résultats et évolutions
En 2022, près de la moitié des 18-75 ans estimaient que l’augmentation des taxes sur le tabac était justifiée, proportion stable par rapport à 2018. Cette proportion variait en fonction du statut tabagique : de 2 fumeurs quotidiens sur 10 à près de 2/3 des personnes n’ayant jamais fumé.
1/3 des fumeurs de 18-75 ans ont déclaré que l’augmentation du prix du tabac les motivaient à arrêter de fumer, et 1/3 des ex-fumeurs ayant arrêté dans les 5 ans déclaraient la même motivation.
Parmi les fumeurs, la part qui trouve l’augmentation du prix du tabac justifiée et la part de ceux que cela motive à arrêter sont en baisse par rapport à 2018. Parmi les ex-fumeurs, même si l’évolution n’est pas significative, la tendance est similaire. Le terrain d’enquête du Baromètre 2018 a eu lieu de janvier à juillet alors que les hausses de prix du tabac avaient démarré dans le cadre du PNLT. Ces augmentations étaient présentes dans l’esprit des fumeurs, d’autant plus que le seuil symbolique de 10 euros avait été annoncé comme objectif pour 2020. Ce contexte de forte hausse de prix a pu influencer les perceptions et augmenter la motivation à l’arrêt en raison du prix en 2018. À l’inverse, en 2022 le prix du tabac était stable par rapport à 2021 et n’avait que très peu augmenté depuis 2020. Cela suggère que l’impact sur les perceptions et sur la motivation pourrait être minoré par un contexte de stabilité du prix.
Le prix comme raison d’arrêt du tabac
La part d’individus mentionnant le prix du tabac comme raison d’arrêter de fumer a nettement augmenté par rapport à 2010 : cette raison était mentionnée par un quart des répondants seulement à cette époque comme l’une des deux principales raisons d’arrêt, contre 39% en 2022. Le prix du tabac devient ainsi le 2e motif d’arrêt déclaré en 2022, devant l’entourage (2e motif d’arrêt en 2010). Cette tendance est concomitante au quasi doublement du prix du tabac, passant de 5,65 € à 10,50 € pour le paquet de cigarettes de la marque la plus vendue durant la période. Ce motif est donc mécaniquement devenu plus important vu la hausse relative du poids du tabac dans les dépenses des fumeurs, car le tabagisme est plus fréquent parmi les personnes moins bien dotées financièrement.
Augmentation des prix et inégalités sociales
En 2022, les plus favorisés selon le diplôme et le revenu trouvent plus souvent justifiée l’augmentation des taxes sur le tabac. Par ailleurs, les fumeurs avec les plus faibles revenus ont une plus grande probabilité d’être motivés à arrêter par les hausses de prix.
Ce résultat fait écho à l’étude des tentatives d’arrêt du tabac en France en 2021. Les fumeurs dans une situation financière défavorable avaient davantage envie d’arrêter, probablement en lien avec l’augmentation du coût du tabac et des difficultés liées à la crise Covid qui avaient davantage impacté les populations les moins favorisées. Cependant les tentatives d’arrêt du tabac n’étaient pas plus fréquentes chez ceux à la situation financière défavorable et s’avéraient moins fréquentes parmi les fumeurs les moins diplômés.
Une étude anglaise menée au cours de la période 2018-2023 a montré une augmentation des tentatives d’arrêt du tabac motivées par son coût. Les impacts économiques de la crise liée à la Covid-19, puis la crise du coût de la vie observée en Angleterre depuis 2021 coïncident avec cette hausse.
Les hausses de prix du tabac peuvent bénéficier davantage aux fumeurs défavorisés sur le plan socio-économique, en les incitant davantage à arrêter de fumer, le poids du tabac dans leurs dépenses globales étant plus élevé. Des études internationales montrent un impact plus important parmi eux sur l’arrêt du tabac. Cependant, pour que cet impact différentiel perdure dans le temps, ces fumeurs doivent être davantage soutenus dans leur tentative de sevrage. Cette recommandation est d’autant plus importante que les freins aux tentatives d’arrêt sont nombreux et puissants pour les fumeurs en situation socio-économique défavorable.
Lien avec le lieu d’achat du tabac
Les analyses faites en 2018 montraient que la motivation à arrêter en raison des hausses de prix était moins fréquente parmi les personnes ayant acheté leur dernier paquet en dehors d’un bureau de tabac en France, en raison des prix nettement moins élevés dans les pays transfrontaliers. Le lieu d’achat du dernier paquet n’était cependant pas renseigné dans l’enquête menée en 2022, ne permettant pas d’actualiser l’analyse des liens entre motivation à arrêter en raison du prix et lieu d’achat. Les analyses faites à partir des éditions 2014-2021 du Baromètre de Santé publique France ont montré que les hausses de prix n’ont pas eu d’impact sur les lieux d’achat.
Limites
Plusieurs limites méritent d’être soulignées. D’abord, le Baromètre de Santé publique France repose sur des données déclaratives, ce qui peut introduire des biais de sous-déclaration (biais de désirabilité sociale ou de mémoire par exemple), bien que probablement faibles et relativement constants dans le contexte des enquêtes observationnelles portant sur la consommation de tabac. Ensuite, le taux de réponse aux enquêtes par téléphone baisse en France et à l’échelle internationale depuis plusieurs années. Or, les personnes refusant de répondre aux enquêtes de santé ont plus souvent des comportements à risque pour leur santé, ce qui peut avoir des conséquences sur la représentativité des échantillons.
Enfin, les modalités de réponses à la question sur les raisons d’arrêt du tabac ont changé entre 2010, où elles étaient citées, et 2022 où la question était ouverte. Cela a pu avoir un impact sur les réponses des enquêtés. Lorsque les modalités sont citées, un biais de désirabilité sociale peut jouer en faveur de la réponse ʺpour la santé de son entourage/la santé de ses enfantsʺ, alors qu’en 2022, le prix peut être cité plus spontanément car plus évident. Cette limite peut surestimer l’évolution de la place du prix comme raison d’arrêt.
Conclusion
La moitié de la population adulte résidant en France hexagonale (Corse incluse) soutient l’augmentation du prix du tabac, une des mesures les plus efficaces pour lutter contre le tabagisme. Cette augmentation a un impact sur la motivation à arrêter de fumer, en particulier chez les fumeurs issus de milieux socio-économiques défavorisés. Cependant, une baisse du niveau de ces indicateurs a été observée chez les fumeurs, ce qui pourrait être lié à la moindre augmentation du prix du tabac au cours des deux dernières années d’observation dans le cadre de cette étude.
Poursuivre et amplifier la politique d’augmentation des prix du tabac via l’augmentation des taxes est un enjeu des futurs plans nationaux de lutte contre le tabagisme. L’Australie est le pays le plus engagé dans cette voie avec un prix moyen du paquet de cigarettes d’environ 30 €, et une prévalence du tabagisme quotidien, parmi les adultes, tombée à 9%. Cette mesure doit être mise en œuvre dans le cadre d’une politique globale de lutte contre le tabagisme incluant des mesures d’accompagnement vers l’arrêt des fumeurs, en particulier les plus défavorisés. Grâce aux programmes nationaux de lutte contre le tabagisme mis en place depuis 2014, faisant de la lutte contre les inégalités sociales une priorité, la prévalence du tabagisme a diminué en France, y compris parmi les plus défavorisés. Le niveau de prévalence reste cependant élevé et les efforts doivent être poursuivis. Enfin, une harmonisation des prix du tabac en Europe aurait un impact certain sur la motivation pour arrêter de fumer liée au prix pour les fumeurs qui achètent dans les pays transfrontaliers, la France étant entourée de pays où le prix du tabac est nettement moins élevé.