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Fausse couche : plus d’une femme sur cinq (10 10 2026)

Nous vous proposons aujourd’hui cette synthèse de la publication publiée dans Population & Sociétés n° 646, juillet-août 2026 le 14 juillet 2026 sur le site de l’Institut national d’études démographiques (cliquer ici pour accéder au site de l’INED)

https://www.ined.fr/fr/presse/en-france-femme-sur-cinq-deja-vecu-fausse-couche

Plus d'une femme sur cinq a déjà vécu une fausse couche

Auteures : M C Compans, Hélène Malmanche et Heini Väisänen (Ined),

Population & Sociétés n° 646, juillet-août 2026, intitulé : « En France, environ une femme sur cinq vivra une fausse couche au cours de sa vie »


Plus d'une femme âgée de 40 à 49 ans sur cinq (22 %) a déjà vécu au moins une fausse couche en France. Parmi elles, 16 % en ont connu une seule et 6 % deux ou davantage. Parmi les femmes ayant déjà été enceintes, cela représente près d’une femme sur quatre. Selon la source de données mobilisée, entre 10 % et 14 % des grossesses se terminent par une fausse couche. La très grande majorité des fausses couches surviennent au cours du premier trimestre de la grossesse.

 

La fréquence augmente à partir du milieu de la trentaine

L'âge est le principal facteur associé à la fréquence des fausses couches. Le risque qu'une grossesse se termine par une fausse couche, relativement élevé avant 20 ans, diminue ensuite, puis augmente de nouveau à partir du milieu de la trentaine. Ainsi, 8 % des grossesses survenues à 35 ans se terminent par une fausse couche, contre 14 % à 40 ans. En revanche, les analyses ne mettent pas en évidence de différence significative selon le niveau de diplôme ou les difficultés financières des femmes.

 

Un nouvel éclairage sur un phénomène encore mal connu

Les fausses couches demeurent difficiles à mesurer. Les données administratives enregistrent les actes médicaux qui y sont associés mais certaines fausses couches surviennent avant toute prise en charge médicale et échappent aux statistiques de santé. Quant aux données d’enquêtes, elles reposent uniquement sur les déclarations des personnes interrogées, exposant notamment aux biais de mémoire et à une variabilité d’interprétation du questionnaire selon les personnes. Chaque source présente donc des atouts, mais aussi des limites.

Pour mieux documenter ce phénomène, les chercheuses de l'Ined ont croisé les résultats de l'enquête FECOND, les données administratives du Système national des données de santé (SNDS) et une enquête qualitative FISO menée auprès de femmes ayant vécu une fausse couche. Cette approche multi-sources permet d'apporter un éclairage plus complet sur la fréquence des fausses couches et sur l'expérience des femmes concernées.

 

Vers une meilleure prise en charge des femmes concernées

Au-delà des données épidémiologiques, l'étude s'intéresse au vécu des femmes confrontées à une fausse couche. Les entretiens réalisés dans le cadre de l'enquête qualitative révèlent un décalage fréquent entre leurs attentes et les soins reçus : manque d'information sur le déroulement de la prise en charge, absence de suivi médical ou de proposition de soutien psychologique, environnement hospitalier parfois peu adapté à cette situation.

 

Les auteures soulignent toutefois que des évolutions sont en cours. Depuis septembre 2024, les femmes ayant vécu une fausse couche peuvent bénéficier d'un arrêt de travail indemnisé dès le premier jour, sans jour de carence. De nouvelles recommandations à paraître pour la pratique clinique de la prise en charge des fausses couches, auxquelles l'équipe SOC-MISC a participé, devraient contribuer à améliorer le parcours de soins des personnes concernées, notamment en répondant à certaines difficultés mises en évidence par l'étude, comme le manque d'information, un suivi médical post-fausse couche inégal, ou le défaut d'orientation vers un soutien psychologique.

 

CHIFFRES CLÉS

  • 22 % des femmes âgées de 40 à 49 ans ont déjà vécu au moins une fausse couche.
    •    Près d'une femme sur quatre ayant déjà été enceinte a fait l'expérience d'une fausse couche.
    •    Entre 10 % et 14 % des grossesses se terminent par une fausse couche.
    •    8 % des grossesses se terminent par une fausse couche à 35 ans, contre 14 % à 40 ans.

 

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