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Nouvelles relations familiales (28 09 2026)

Nous vous proposons aujourd’hui cette note publiée le 7 juillet 2026 sur le site de l’Institut national d’études démographiques (cliquer ici pour accéder au site de l’INED)

https://www.ined.fr/fr/presse/moins-enfants-relations-familiales-qui-se-transforment-et-restent-fortes

Moins d'enfants, des relations familiales qui se transforment et restent fortes

L'Ined publie les premiers résultats de l'enquête Erfi 2, qui éclaire les transformations des parcours familiaux derrière la baisse de la fécondité

Alors que la baisse de la fécondité alimente les interrogations sur l'avenir de la famille en France, l'Institut national d'études démographiques (Ined) publie les premiers résultats de l'Étude des relations familiales et intergénérationnelles 2 (Erfi 2), coordonnée par Milan Bouchet-Valat et Laurent Toulemon. Réalisée en 2024 auprès de 12 800 personnes âgées de 18 à 79 ans en France hexagonale, cette enquête met en lumière les profondes transformations des parcours conjugaux et familiaux qui ont eu lieu depuis vingt ans. Diminution du désir d'enfant, entrée plus tardive dans la parentalité, essor du Pacs, développement des familles recomposées, place croissante des couples de même sexe ou nouvelles façons de se rencontrer : loin de traduire un déclin de la famille, ces évolutions témoignent d'une diversification des manières de vivre en couple et de fonder une famille.

Comprendre la baisse de la fécondité, au-delà du seul nombre de naissances

Comprendre la baisse de la fécondité, au-delà du seul nombre de naissances

Depuis une dizaine d'années, la France connaît une baisse de la fécondité. Les premiers résultats d'Erfi 2 montrent que cette évolution s'inscrit dans des transformations plus larges des parcours de vie. Si 65 % des personnes de 18 à 49 ans considèrent toujours que deux enfants constituent la « taille idéale » d'une famille, les intentions d'avoir un enfant diminuent : 12 % déclarent ne pas souhaiter d'enfant, soit deux fois plus qu'en 2005. Les jeunes femmes sans enfant perçoivent la maternité comme plus contraignante. L'enquête confirme également le report de l'entrée dans la parentalité : les jeunes adultes attendent d'avoir terminé leurs études, d'être insérés durablement dans l'emploi, de disposer d'un logement et de vivre en couple avant d'envisager la naissance d'un enfant, et ces étapes ont lieu plus tardivement qu’avant.

Avoir des enfants plus tard, avec parfois plus de difficultés

Le recul de l'âge auquel naissent les enfants s'accompagne d'un recours plus fréquent à l'assistance médicale à la procréation (AMP). Une femme sur quatre âgée de 40 à 49 ans déclare avoir déjà connu une période d'au moins douze mois sans parvenir à obtenir une grossesse. 8 % des femmes et 5 % des hommes âgés de 35 à 49 ans ont eu recours à l’AMP. Les pratiques contraceptives évoluent également. Depuis la « crise de la pilule », les méthodes de longue durée se développent, tandis que le recours à la pilule recule.

Les rencontres en ligne se développent, le couple cohabitant résiste

Internet a profondément modifié la manière dont les couples se forment. Alors que les rencontres dans des fêtes sont moins fréquentes, près d'un couple sur quatre (24 %) formé depuis 2020 s'est rencontré en ligne. Puisqu’ils sont plus récents, les couples ainsi constitués sont plus souvent issus d'une remise en couple et forment davantage des familles recomposées que les autres. 
Si la proportion de personnes en couple a diminué, le couple cohabitant reste la norme. 
Même si la répartition est un peu plus égalitaire qu’avant, les femmes continuent d’assurer la majorité des tâches domestiques, et expriment leur insatisfaction à cet égard.

Les façons de faire famille continuent de se diversifier

En vingt ans, les formes familiales se sont profondément transformées. Le mariage poursuit son recul : seules 33 % des naissances ont désormais lieu dans le mariage, contre 85 % dans les années 1970, tandis que 17 % ont lieu dans le cadre d'un Pacs. Les séparations et les remises en couple favorisent le développement des familles recomposées : 18 % des personnes âgées de 18 à 79 ans ont eu au moins un bel-enfant au cours de leur vie. 
Les évolutions législatives de la dernière décennie ont également contribué au développement des familles homoparentales. Le nombre de couples de même sexe a doublé en dix ans et, aujourd'hui, 46 000 enfants sont élevés par un couple de même sexe. Ces enfants sont de plus en plus souvent conçus au sein de ces couples, et moins souvent nés dans une précédente union hétérosexuelle. Les couples de même sexe gardent leur spécificité : ils sont plus jeunes et moins souvent mariés que les couples hétérosexuels. Les couples de femmes ont des revenus inférieurs aux couples de sexe différent, alors que c’est l’inverse pour les couples d’hommes.

Des liens familiaux qui demeurent solides

Si les parcours se diversifient, les solidarités familiales restent fortes et les relations entre parents et enfants adultes demeurent intenses. Les jeunes quittent le domicile parental un peu plus tard qu'il y a vingt ans, avant 20 ans pour la moitié des femmes et 21 ans pour la moitié des hommes. Les séparations parentales ont des conséquences durables sur les relations avec les enfants adultes : 23 % des personnes dont les parents se sont séparés ne voient jamais leur père, contre 9 % leur mère. Cette absence de contact est plus fréquente dans les classes populaires que dans les classes supérieures.

Vingt ans de transformations des familles

Vingt ans après la première édition de l'enquête, Erfi 2 montre que la baisse de la fécondité est l'une des manifestations d'une transformation plus profonde des parcours familiaux. Les façons de vivre en couple, de devenir parent et d'organiser les solidarités entre générations évoluent, sans que la famille perde sa place dans les aspirations des Français. En replaçant la baisse des naissances dans ce contexte plus large, Erfi 2 apporte des clés inédites pour comprendre les mutations de la société française.

CHIFFRES-CLÉS ERFI 2

Fécondité et parentalité

  • 65 % des 18-49 ans considèrent que deux enfants est la taille idéale d'une famille.
  • 12 % ne souhaitent pas avoir d'enfant, contre 6 % en 2005.
  • 25 % des femmes de 40 à 49 ans ont déjà connu des difficultés prolongées pour concevoir.
  • 8 % des femmes et 5 % des hommes de 35 à 49 ans ont eu recours à une AMP.

Couples et familles

  • 33 % des naissances ont désormais lieu dans le cadre d’un mariage (contre 85 % dans les années 1970).
  • 17 % des naissances ont lieu dans le cadre d’un Pacs.
  • 18 % des personnes ont eu au moins un bel-enfant.
  • 46 000 enfants vivent avec un ou deux parents en couple de même sexe.

Nouvelles formes de conjugalité

  • 24 % des couples formés depuis 2020 se sont rencontrés en ligne.
  • 21 % des femmes en couple de même sexe ont moins de 30 ans (contre 13 % des hommes en couple de même sexe et 8 % des personnes en couple de sexe différent).

Relations entre générations

  • 20 ans : âge médian du départ du foyer parental pour les femmes.
  • 21 ans : pour les hommes.
  • 15 % des ouvriers et des ouvrières ne voient jamais leurs parents (contre 3 % des cadres).

L'enquête Erfi 2

  • 12 800 personnes interrogées en France en 2024.
  • Première vague française du programme international Generations and Gender Programme, qui réunit plus de 20 pays.

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