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Interruptions volontaires de grossesse : quel bilan en 2025, 50 ans après la loi Veil ?
Publié le 23 septembre 2026
50 ans après la loi Veil, le service statistique de la santé (Drees) analyse l'évolution de la pratique des IVG depuis les années 1990. L'augmentation du taux de recours ces dernières années s'explique par la hausse des IVG médicamenteuses réalisées hors établissement. Les sages-femmes pratiquent une part de plus en plus élevée des IVG.
Dans son étude annuelle sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG) publiée le 22 septembre 2026, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) fait état de l'évolution du nombre d'IVG pratiquées depuis 1990, des méthodes utilisées, du lieu de recours et de l'âge des femmes concernées.
L'étude présente les statistiques de l'année 2025, qui marque le cinquantième anniversaire de la dépénalisation de l'IVG par la loi Veil.
Une hausse du taux de recours aux IVG, surtout médicamenteuses
Le nombre d'IVG pratiquées en 2025 a augmenté de 2,9% par rapport à 2024, atteignant un total de 259 400. (taux de recours de 17,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2025). Plutôt stable depuis le début des années 2000 (autour de 15 pour 1 000), ce taux augmente chaque année depuis 2017, hormis une baisse en 2020-2021, liée à la pandémie de Covid-19.
Le recours à l'IVG augmente à tous les âges, plus fréquent chez les 20-29 ans (29,7 IVG pour 1 000 femmes chez les 20-24 ans et 30,3 IVG pour 1 000 femmes chez les 25-29 ans). Alors que le nombre d'IVG pratiquées sur les femmes de moins de 25 ans baissait depuis plusieurs années avant la crise sanitaire, il a de nouveau augmenté en 2025. Le taux de recours à l'IVG par des mineures demeure plus bas (5,8 pour 1 000 femmes < 18 ans sans compter les recours anonymes, plus fréquents dans cette catégorie de la population).
La hausse du taux de recours est due à l'augmentation des IVG médicamenteuses, qui représentent 81% du total des IVG. Près de la moitié des IVG par prise de médicament sont réalisées en dehors d'un établissement de santé. Cette méthode d'IVG est même plus fréquemment utilisée en dehors d'un établissement de santé dans le Sud de la France, en Île-de-France et dans les territoires ultramarins.
Les IVG médicamenteuses réalisées au sein d'un établissement de santé diminuent parallèlement, bien que représentant toujours la majorité des IVG qui y sont réalisées (63%). Le nombre d'IVG instrumentales reste quant à lui stable.
Les IVG médicamenteuses
L'IVG médicamenteuse est l'une des deux méthodes d'interruption de grossesse autorisées en France, aux côtés de l'IVG par aspiration (instrumentale).
Elle peut être pratiquée :
- jusqu'à la 7e semaine de grossesse, qui correspond à la 9e semaine d'aménorrhée en cabinet de ville ou en centre de santé ;
- jusqu'à la 14e semaine de grossesse (ou 16e semaine d'aménorrhée) en établissement de santé ou dans un centre de santé conventionné.
La réalisation d'une IVG médicamenteuse hors établissement de santé est autorisée depuis 2005, en application d'un décret du 1er juillet 2004. Cette possibilité explique la hausse du recours à des IVG médicamenteuses depuis le début des années 2000 (elles ne concernaient que 31% du total des IVG en 2001, contre 81% en 2025).
L'augmentation continue de la pratique de l'IVG par les sages-femmes
La moitié des IVG ont été réalisées hors établissement en 2025, c'est-à-dire soit en cabinet libéral, soit en centre de santé, soit en centre de santé sexuelle. Dans l'ensemble de ces établissements, elles ont été pratiquées par les trois catégories de professionnels habilités à les effectuer :
- les sages-femmes (65 187) ;
- les gynécologues médicaux ou obstétriciens (28 215) ;
- les médecins généralistes (27 658).
Plus de la moitié des IVG hors établissement ont été réalisées par des sages-femmes, qui y sont autorisées depuis la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. De 2017, année suivant l'autorisation, à 2025, le nombre d'IVG réalisées par une sage-femme est en hausse. De 2024 à 2025 seulement, cette pratique a augmenté de 15%.
Les sages-femmes ont été autorisées à pratiquer des IVG hors établissement de santé en 2016. Avant 2016, les données incluent les reprises lorsqu’une IVG a donné lieu à une nouvelle intervention les semaines suivant la 1e intervention. En 2025, 65 187 IVG ont été réalisées hors établissement par une sage-femme.
Des disparités régionales qui perdurent
Comme les années précédentes, le taux de recours à l'IVG est significativement plus élevé dans les départements et régions d'outre-mer (DROM) : 33 pour 1 000 femmes, soit presque le double du taux moyen en France hexagonale. En Guadeloupe et en Guyane, le taux s'élève à plus de 45 pour 1 000.
Toutefois, contrairement au reste du territoire français, les taux de recours ont baissé pour la troisième année consécutive en Guyane ainsi qu'à Mayotte qui, pour sa part, a connu un taux de recours plus faible (18 IVG pour 1 000 femmes) que celui de certaines régions de France hexagonale.
En France hexagonale, c'est la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui a le taux le plus élevé avec 22,8 IVG pour 1 000 femmes. En revanche, les régions enregistrant les taux de recours les plus faibles dans l'Hexagone sont :
- les Pays de la Loire (12,6 pour 1 000) ;
- la Bretagne (13,6 pour 1 000) ;
- le Grand Est (14,1 pour 1 000).