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Economie sociale (2/3) (31 03 2011)

2e volet de l’Etude de M. Laurent Bisault, direction régionale Midi Pyrénées de l’INSEE publiée le 28 mars 2011 sur le site de l’INSEE (cliquer ici pour accéder au site de l’INSEE)

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1342.html

Les associations, principaux employeurs de l’économie sociale

Familles de l’économie sociale au 31 décembre 2008

Effectif salarié

Établissements¹

Effectif salarié moyen

Indicateurs de dispersion³

50 %

80 %

Action sociale

812 040

29 020

28

14

43

Éducation

342 950

18 190

19

9

27

Santé

127 980

3 450

37

11

32

Services aux entreprises

95 500

9 950

10

3

12

Sport

66 840

20 000

3

1

4

Culture et loisirs

50 590

12 750

4

2

5

Hébergement et restauration

26 950

3 790

7

3

10

Autres associations

245 320

36 400

7

2

7

Ensemble des associations

1 768 170

133 550

13

4

16

Coopératives de crédit

164 120

13 530

12

6

10

Coopératives du domaine agricole

68 960

4 940

14

3

13

Coopératives de production

25 520

1 420

18

7

21

Coopératives autres²

49 900

2 910

17

5

15

Ensemble des coopératives

308 490

22 800

14

5

12

Mutuelles régies par le code de la mutualité

79 990

4 470

18

5

19

Mutuelles régies par le code des assurances

39 820

1 820

22

4

15

Ensemble des mutuelles

119 820

6 290

19

5

18

Fondations

63 180

1 110

57

20

66

Ensemble de l’économie sociale

2 259 660

163 760

14

4

15

1. avec salariés.

2. d’usagers, d’entrepreneurs...

3. 50 % des établissements des associations de l’action sociale ont moins de 14 salariés, 80 % en ont moins de 43.

Source : Insee, Clap 2008.

Un poids financier

Le « tiers secteur » est un acteur majeur de la sphère financière. Les mutuelles y sont régies par le Code de la mutualité quand elles couvrent la prévoyance ou la santé, et par celui des assurances quand leur action porte sur les biens ou l’assurance-vie. Ces structures sont les héritières des premières caisses de secours mutuel qui assuraient au XIXe siècle leurs membres contre la maladie et prenaient en charge les obsèques. Ce sont aujourd’hui de grosses unités avec une gestion décentralisée, qui emploient 80 000 salariés dans l’assurance et 40 000 par diversification, de la santé à l’action sociale ou au commerce de détail.

Les banques coopératives emploient 164 000 salariés et présentent de nombreuses similitudes avec les mutuelles. Elles font suite aux premières coopératives de crédit créées pour protéger les populations ouvrières et paysannes de l’usure. Comme les mutuelles, elles ont une organisation décentralisée, mais avec un plus petit nombre d’acteurs. L’activité bancaire coopérative s’articule autour de quatre réseaux : Crédit agricole, Caisse d’Épargne, Banque populaire et Crédit mutuel. Leur action s’est peu à peu étendue en dehors de l’économie sociale par l’achat ou la création d’autres banques (encadré 2). Ce faisant, les coopératives bancaires se sont rapprochées des autres banques. Certaines ont choisi d’accéder à la Bourse. D’autres se sont diversifiées dans les banques d’affaires qui travaillent en partie à l’international.

Une tradition agricole

La filière agroalimentaire est un des points forts de l’économie sociale par l’intermédiaire de coopératives qui fournissent matériel, semences et animaux aux paysans. Elles achètent, transforment et commercialisent les productions. La filière regroupe 65 000 emplois salariés en 2008 dans les coopératives et 3 000 dans les associations, en grande partie dans la distribution et la transformation, l’emploi agricole demeurant essentiellement non salarié. Les coopératives agricoles interviennent sur une grande variété de produits et sont parfois des acteurs essentiels dans leur domaine : Maïsadour pour les céréales, Sodiaal et ses marques Candia et Yoplait pour le lait, Arc Atlantique pour la viande porcine ou encore Tereos qui détient la marque Béghin-Say pour le sucre. Elles ont également un poids important dans la champagnisation et la vinification.

Hors agroalimentaire, les coopératives emploient 25 000 salariés dans la distribution en 2008, les mutuelles quelques milliers. La Fédération nationale des coopératives de consommateurs en est un des piliers à travers une enseigne comme Coop Alsace. Les groupements de commerçants comme Leclerc pour les centrales d’achat ainsi que Système U en sont un autre. L’économie sociale est peu active dans l’industrie malgré l’existence des sociétés coopératives de production (Scop), des structures qui sont gérées par leurs salariés tout en admettant des apports de capitaux extérieurs. Le mouvement coopératif et quelques associations rassemblent aussi 13 000 salariés dans la construction.

 

Dans les territoires

L’économie sociale est présente sur l’ensemble du territoire, mais avec de forts particularismes locaux. Elle pèse de 15 à 25 % de l’emploi salarié dans le sud du Massif central : en Lozère, Haute-Loire, dans le Lot, en Aveyron, dans le Tarn, le Cantal et en Creuse, pour l’essentiel dans des associations.

L’économie sociale est tout aussi importante dans les Deux-Sèvres, zone d’implantation privilégiée des mutuelles. La Maaf, la Macif, Groupama et Inter mutuelles assistance sont en effet venues rejoindre dans l’agglomération niortaise la Maif créée en 1934. L’économie sociale est presque aussi développée dans les départements bretons et dans le Maine-et-Loire grâce à la coopération agricole. Elle y est le complément historique de l’agriculture locale spécialisée dans le lait et la viande. Les coopératives sont aussi implantées pour la vinification en Champagne, en Languedoc-Roussillon et en Alsace ainsi que dans les bassins céréaliers.

L’économie sociale représente, à l’inverse, de 5 à 10 % de l’emploi salarié en Île-de-France et dans le quart Nord-Est. Cette géographie de l’économie sociale tient d’abord à ce qu’elle développe des activités au service des populations locales : action sociale, enseignement et hôpitaux. Davantage tournée vers l’industrie, la France septentrionale accorde donc peu de place aux coopératives, mutuelles, associations et aux fondations. Mais, même minoritaires dans l’emploi, les acteurs de l’économie sociale peuvent localement être essentiels. Dans les zones d’emploi de Vire (Calvados-Manche), Berck (Pas-de-Calais), Longwy (Meurthe-et-Moselle), Than-Cernay (Haut-Rhin), Bergerac (Dordogne) et celle de Bordeaux-Médoc, des coopératives, des associations et des fondations sont les premiers employeurs locaux.

(A suivre)

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