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Les pharmacies depuis 2000 : mutations d’un secteur très réglementé (1/3) (29 12 2014)

Nous proposons sur 3 jours des Extraits (hors schémas et tableaux) d’une note d’analyse de Mme Aline Ferrante, de la division Commerce, publiée le 4 décembre 2014 sur le site de l’INSEE (cliquer ici pour accéder au site de l’INSEE)

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1525.html

Sommaire

Résumé

·         En 2012, 23 800 pharmacies ont généré 38 milliards € de chiffre d’affaires

·         Depuis 2006, l’activité du secteur est au ralenti

·         Les médicaments remboursables dominent toujours les ventes, mais leur part baisse

·         La parapharmacie se développe

·         Des marges très encadrées

·         Depuis 2010, le nombre de pharmaciens diminue

·         Une pharmacie sur 2 exploitée en association, une sur 4 en société d’exercice libéral

·         Des disparités régionales d’implantation des officines

Encadré

·         Un secteur fortement réglementé

Résumé

En 2012, près de 24 000 pharmacies sont implantées en France. Elles ont réalisé un chiffre d’affaires de 38 milliards €, soit 53 % de plus qu’en 2000 en valeur.

Au cours des dernières années, la croissance en valeur du commerce de détail de produits pharmaceutiques, traditionnellement dynamique, s’est émoussée, en lien avec la baisse des prix des médicaments remboursables. Néanmoins, le taux de marge commerciale est reparti à la hausse depuis 2006 et atteint 27,5 % en 2012.

En 2012, les médicaments remboursables composent toujours l’essentiel du chiffre d’affaires des pharmacies, mais leur poids diminue au profit des spécialités non remboursables, dont l’indice des prix progresse fortement sur la période 2000-2012. Tout en restant très largement minoritaire, la parapharmacie décolle.

Sur la même période, le paysage juridique des pharmacies a aussi évolué. L’exploitation associée est devenue majoritaire du fait des difficultés à créer de nouvelles officines. Les sociétés d’exercice libéral, plus avantageuses fiscalement et au moment de la transmission, sont en plein essor : en 2012, plus d’une pharmacie sur quatre fonctionne sous ce statut.

Une pharmacie sert en moyenne 2 700 habitants en France métropolitaine, mais la répartition territoriale n’est pas uniforme.

En 2012, 23 800 pharmacies ont généré 38 milliards € de chiffre d’affaires

En 2012, 23 800 pharmacies implantées en France ont réalisé un chiffre d’affaires de 38 milliards €, soit 8 % de celui de l’ensemble du commerce de détail.

Les pharmacies sont pour l’essentiel de petits établissements, qui emploient en moyenne 4 salariés en équivalent temps plein. Une sur deux fonctionne avec moins de 3 salariés et seulement une sur vingt avec 10 salariés ou plus ; ces grands établissements pèsent pour 15 % dans le chiffre d’affaires total du secteur.

En 2012, la moitié des officines a dégagé un chiffre d’affaires inférieur à 1,4 million €, une sur dix a réalisé moins de 560 000 € et une sur dix plus de 2,7 millions € ; ces dernières concentrent un quart du chiffre d’affaires total du secteur.

Très contraint par la réglementation, le nombre de pharmacies n’a augmenté que de 2,6 % depuis 2000. En effet, une officine ne peut être exploitée que par un docteur en pharmacie inscrit à l’Ordre des pharmaciens. Or, le nombre de ces docteurs est régulé depuis les années 1990 par un numerus clausus. Par ailleurs, un pharmacien ne peut être titulaire que d’une seule officine (mais plusieurs pharmaciens peuvent en être co-titulaires). Enfin, l’implantation territoriale des pharmacies est elle-même très encadrée.

Depuis 2006, l’activité du secteur est au ralenti

Entre 2000 et 2006, le chiffre d’affaires du secteur de la pharmacie avait progressé de 5,6 % par an en valeur, soit un peu plus que pour l’ensemble du commerce de détail (+ 4,2 %). Entre 2006 et 2012, la hausse a fortement ralenti pour atteindre un rythme moyen de 1,6 % par an, désormais inférieur à celui de l’ensemble du commerce de détail (+ 1,9 %).

La récession de 2009 a pourtant moins affecté la pharmacie que l’ensemble du commerce de détail (- 2,1 % contre - 3,8 %). Mais, malgré un rebond en 2010, la progression du chiffre d’affaires du secteur de la pharmacie tend à s’essouffler. En 2012, elle n’est ainsi que de 0,1 %.

Ce ralentissement s’explique en partie par la baisse des prix des produits pharmaceutiques, mesurée par l’indice des prix à la consommation ; celui-ci a d’abord reculé de 1,5 % par an entre 2000 et 2006, puis de 2,4 % par an entre 2006 et 2012. Cette baisse est portée elle-même par le recul du prix des médicaments remboursables (- 2,0 % par an entre 2000 et 2006, puis - 3,0 % par an entre 2006 et 2012), qui représentent près de 90 % des dépenses de médicaments. S’ajoutant à une étroite réglementation, diverses politiques de santé publique menées au cours de la décennie ont concouru à cette évolution : tarifs forfaitaires de responsabilité en 2003, plans Médicament de 2004 et 2006. Par ailleurs, la promotion des génériques, dont les prix bénéficient d’une décote par rapport à ceux des princeps originaux, a été accentuée à partir de 2007.

Dès lors, le volume des ventes du secteur de la pharmacie progresse toujours. Mais sa croissance a également ralenti depuis 2000 : + 7,2 % par an en volume entre 2000 et 2006, puis + 4,2 % entre 2006 et 2012 (contre respectivement + 2,3 % et + 0,3 % pour l’ensemble du commerce de détail).

Les médicaments remboursables dominent toujours les ventes, mais leur part baisse

Entre 2006 et 2012, les ventes en valeur des médicaments remboursables ont moins augmenté que celles des médicaments non remboursables : + 3,8 % contre + 5,0 % par an en moyenne. Ainsi, en 2012, les médicaments remboursables représentent 76 % du chiffre d’affaires des pharmacies, soit 9 points de moins qu’en 2000.

À l’inverse, la part des ventes de médicaments non remboursables a progressé dans le chiffre d’affaires des pharmacies, atteignant 12 % des ventes en 2012, soit 4 points de plus qu’en 2000. Ces évolutions vont de pair avec la baisse de l’indice des prix des spécialités remboursables, les vagues de déremboursement et l’augmentation des prix des médicaments non remboursables (+ 4,0 % par an entre 2006 et 2012, après + 3,5 % par an entre 2000 et 2006). Les prix de ces médicaments sont fixés librement par les entreprises pharmaceutiques. Lorsque des médicaments initialement remboursés deviennent non remboursables, ils subissent à la fois une augmentation mécanique du taux de TVA et de leur prix de vente, les quantités vendues étant appelées à baisser après déremboursement.

 

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