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Nappes phréatiques : un niveau d'eau en baisse(12 09 2026)

Nous vous proposons aujourd’hui cette note publiée le 14 août 2026 sur le site Vie-publique (cliquer ici pour accéder au site Vie-publique)

https://www.vie-publique.fr/questions-reponses/288610-nappes-phreatiques-un-niveau-deau-en-baisse?eml-publisher=NL_VP&eml_name=NL_VP-719-260818

Nappes phréatiques : un niveau d'eau en baisse

Dernière modification : 14 août 2026

Les faibles pluies et la sécheresse ont augmenté la vidange des nappes phréatiques en juillet 2026. L’eau souterraine est une ressource très utilisée : dans l'hexagone, elle alimente notamment près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Le point en 5 questions.

1 Quelle est la situation en juillet 2026 ?

 

Le 15 juillet 2026, 94% des niveaux des nappes phréatiques sont en baisse, a constaté le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). "La situation globale est à la dégradation avec 60% des points d’observation en dessous des normales mensuelles" (notamment en Nouvelle Aquitaine). La progression de la vidange concerne presque toutes les nappes en raison d'une faible pluviométrie en juin et juillet (un déficit de 50% de précipitations) et de l'augmentation des prélèvements due aux fortes chaleurs.

 

À la fin de l'hiver, la situation était pourtant favorable. En février 2026, 84% des niveaux des nappes phréatiques étaient en hausse selon le BRGM. Et le 1er mars 2026, la recharge des nappes était "exceptionnellement importante".

 

Par ailleurs, 1 373 cours d'eau ne s'écoulent plus ou sont assecs (assec : situation du cours d’eau où l’eau s’est évaporée ou infiltrée sur plus de 50% de la section référence) au 1er août 2026 selon l'Office français de la biodiversité (OFB).

 

Tout le territoire est touché avec une dégradation plus marquée dans l'axe Vendée région Grand Est. L'Observatoire national des étiages (ONDE) évoque une situation "exceptionnelle" et "deux fois plus dégradée" qu'en 2025.

 

Le bulletin de situation hydrologique de Météo France pointe un indicateur d'humidité des sols très bas dès la fin du mois de juin, qui a progressé en juillet pour atteindre "des niveaux équivalents à ceux d'août 2022".

 

 

2 Qu’est-ce qu’une Nappe Phréatique ?

Les nappes phréatiques sont des réservoirs naturels d’eaux souterraines. C’est dans les nappes phréatiques que l’eau potable est captée en priorité, notamment parce que la filtration naturelle de l’eau avant d’atteindre la nappe, lui a donné les qualités pour être consommée et permet des traitements simples. Ce sont les nappes phréatiques qui alimentent les puits et les sources en eau potable.

 

Les eaux souterraines regroupent l’ensemble des réserves d’eau qui se trouvent dans le sous-sol.

 

Certaines roches qui constituent le sous-sol sont suffisamment poreuses et/ou fissurées pour que l'eau puisse y circuler. Cette eau est stockée dans les zones appelées aquifères. L’eau peut progressivement s’accumuler dans ces espaces vides pour former des nappes phréatiques qui occupent tout ou partie de cette zone.

 

3 Où est puisée l’eau dans les nappes phréatiques en France ?

Les eaux souterraines sont dispersées de manière variée sur le territoire, en raison des spécificités géologiques. Les roches qui les composent (calcaires, sables, craies) sont poreuses et peuvent accueillir un volume d’eau important. Ces nappes souterraines peuvent être très profondes, jusqu'à plus de 1 000 mètres.

 

Loin d’être isolées du cycle de l’eau, ces nappes communiquent avec les milieux aquatiques de surface

 

En France, 95% de l’eau douce est stockée dans les nappes souterraines.

 

On compte plusieurs milliers de nappes, de taille très variable dont 650 sont suffisamment significatives pour faire l’objet d’une surveillance. Les nappes les plus importantes sont :

  • la nappe de Beauce, d’une surface de 9 000 km2 avec une capacité de 20 milliards de m3 ;
  • la nappe rhénane ayant une capacité de 35 milliards de m3. La nappe se poursuit largement en Allemagne et plus faiblement en Suisse.

 

4 Comment se rechargent les nappes phréatiques ?

Leur niveau est amené à varier en fonction des infiltrations - et, plus en amont, des précipitations - et des prélèvements d'eau. Des mesures sont prises pour surveiller le niveau des nappes phréatiques.

 

La distribution des précipitations sur l’année comme la distribution temporelle des consommations varie fortement, faisant du printemps et de l’été une période de tension sur la ressource. Seulement un tiers des eaux de pluie sont utiles à recharger les nappes phréatiques :

  • l'essentiel des apports d’eau se fait à l’automne et en hiver, et les réserves se remplissent. La pluviométrie est alors plus abondante, l'évaporation plus faible, l'humidité des sols favorisant l'infiltration et les plantes consomment peu d'eau.
  • en été, en revanche, les roches n'accumulent pas d'eau, mais alimentent les cours d'eau. Les besoins pour la consommation domestique ont tendance à augmenter avec les températures et les besoins du secteur agricole pour la pousse des végétaux ;
  • l’été, environ 30% des départements français voient plus de 20% de leurs cours d’eau totalement asséchés

 

Quand la pluie ne remplit pas les nappes

Chaque année, sur 510 milliards de m3 d’eau (soit plus de 900 mm de pluie par an), seulement 40% de ce total vont vers les nappes souterraines ou les cours d’eau. 60% des précipitations s'évaporent. En été, les sols sont souvent très secs et empêche l'eau de s'infiltrer (elle s'évapore ou ruisselle) et les plantes la consomme avant qu'elle pénètre le sol.

 

5 Quels sont les utilisateurs de l’eau en France ?

Il faut distinguer :

  • l'eau consommée, qui n'est pas restituée à la nature une fois prélevée (elle s'évapore ou est absorbée par les plantes, par exemple) ;
  • et l'eau prélevée, qui peut être rendue à la nature après utilisation (centrales nucléaires, notamment).

Les eaux prélevées en France proviennent en grande majorité (80%, soit environ 26 milliards de m3) des eaux de surface, généralement plus faciles et moins chères à prélever.

Selon un rapport du Sénat de 2022, l’agriculture est l'activité qui consomme le plus d'eau (58%). L’irrigation agricole représentant près des deux tiers des 4,4 milliards de m3 consommés en France. L'eau prélevée par les plantes n'est pas restituée : elle sert à faire grandir la plante et le surplus passe en évapotranspiration. Toutefois, le secteur ne représente que 11% des prélèvements (irrigation et élevage).

L'énergie est en tête des prélèvements (47%), essentiellement pour refroidir les centrales nucléaires. Mais elle consomme 14% d'eau. L'eau utilisée étant presque totalement (98%) restituée au milieu naturel, elle n'est pas considérée comme "consommée". 

L’industrie rejette une grande partie de l’eau qu’elle prélève et consomme 9% de l'eau.

L'eau domestique représente 12% de la consommation totale d'eau.

 

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