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Procédure PARCOURSUP : rapport (volet 1) (14 07 2023)

Nous vous proposons aujourd’hui la 1ere partie d’une (très longue) synthèse d’un rapport sénatorial publiée le 28 juin 2023 sur le site Vie-publique (cliquer ici pour accéder au site Vie-publique)

https://www.vie-publique.fr/rapport/290138-rapport-d-information-sur-la-procedure-parcoursup-bilan-cinq-ans.html

 

Cliquer ici pour accéder au texte pdf de la synthèse du rapport

https://www.senat.fr/rap/r22-793/r22-793-syn.pdf

 

L’ESSENTIEL DU RAPPORT D’INFORMATION SUR LA PROCÉDURE PARCOURSUP

SOMMAIRE

 

 

L’ESSENTIEL DU RAPPORT D’INFORMATION SUR LA PROCÉDURE PARCOURSUP

28 JUIN 2023 …

Cinq ans après le lancement de la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a souhaité dresser un état des lieux de son fonctionnement, alors que la session 2023 est marquée par plusieurs nouveautés procédurales et un nombre record de vœux et sous-vœux formulés (11,8 millions) par les candidats.

Dans la continuité des travaux qu’il a déjà menés sur le sujet, le rapporteur, Jacques Grosperrin (Doubs, LR), constate que si de réelles améliorations ont été progressivement apportées sur le plan technique et informationnel, paradoxalement, l’appréciation des usagers de la plate-forme suit une tendance inverse. Dans le débat public, c’est en effet une anxiété croissante et un sentiment de manque de clarté, de rapidité, d’équité et de transparence qui prédominent.

Afin de poursuivre l’amélioration de Parcoursup et surtout de gagner la confiance de ses usagers, le rapporteur formule huit recommandations, dont il appelle le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et le ministère de l’éducation nationale à se saisir rapidement pour une mise en œuvre dès la prochaine session de la procédure.

  1. UN CONSTAT GÉNÉRAL PARADOXAL : UNE PLATE-FORME QUI S’AMÉLIORE D’ANNÉE EN ANNÉE, MAIS QUI EST PERÇUE COMME DE PLUS EN PLUS ANXIOGÈNE PAR LES LYCÉENS ET LEURS PARENTS
  2. LES PRINCIPAUX PROGRÈS RÉALISÉS

Le site Parcoursup et la procédure d’affectation associée ont indéniablement été améliorés depuis leur création en 2018. La plate-forme numérique a globalement gagné en ergonomie, ses contenus ont été quantitativement et qualitativement développés, le calendrier du processus a été revu pour intégrer la réforme du baccalauréat et réduire les délais d’attente :

  • une offre de formation élargie : pour son édition 2023, Parcoursup regroupe environ 21 000 formations, dont 7 500 par la voie de l’apprentissage. Ont été intégrées cette année des écoles publiques d’art et de design, qui recrutaient jusqu’alors en dehors du portail ;
  • une information enrichie : le moteur de recherche et la fiche de présentation des formations ont été rénovés pour permettre d’identifier plus rapidement les informations essentielles, de disposer de chiffres clés et de mieux comprendre les critères d’analyse des candidatures ;
  • un calendrier plus cohérent et accéléré : l’année 2023 voit converger les calendriers du baccalauréat et de Parcoursup, avec la prise en compte, dans le dossier de candidature, des notes obtenues aux épreuves des enseignements de spécialité qui se sont tenues en mars. Elle marque aussi une accélération de la procédure, avec l’avancement de la période à laquelle les candidats ayant conservé des vœux en attente devront les ordonner et de la date à laquelle la phase principale d’admission prendra fin.
  1. UNE PERCEPTION PAR LES USAGERS EN DÉCALAGE AVEC CETTE AMÉLIORATION GÉNÉRALE

Alors que les améliorations informationnelles et procédurales apportées à Parcoursup sont largement reconnues, il est paradoxal de constater que l’appréciation portée par ses usagers se dégrade. L’enquête d’opinion annuelle, commandée par le ministère de l’enseignement supérieur depuis 2020 et réalisée par l’institut de sondages Ipsos, fait ainsi état, en 2022, d’une angoisse croissante et d’une érosion du sentiment de clarté, de fiabilité, de transparence, de justice, de rapidité. Nombre de témoignages de lycéens et de leurs familles, largement relayés dans les médias à chaque nouvelle session de la procédure, corroborent ce constat

Comme le précise toutefois le Comité éthique et scientifique de Parcoursup dans son dernier rapport au Parlement, « il s’agit là de ressenti, infirmé par les faits quand ils sont quantifiables, comme pour la rapidité, mais qu’il convient d’analyser ». Si le comité reconnaît lui-même qu’il est aujourd’hui difficile de déterminer les causes exactes de cette appréciation dégradée, en particulier ce qui relève de la procédure elle-même (degré de transparence, de rapidité, d’équité), d’autres mécanismes psychologiques et sociaux (angoisse de l’avenir, poids du diplôme dans le devenir professionnel…), il est certain que Parcoursup n’a, pour l’instant, pas réussi à inspirer confiance à ses usagers.

À la suite des auditions qu’il a menées, le rapporteur identifie trois obstacles principaux à sa bonne acceptation :

  • les lacunes et l’hétérogénéité de l’information délivrée : malgré l’augmentation des données disponibles sur la plate-forme, il manque encore des éléments importants pour éclairer le choix d’orientation des lycéens sur chaque formation, comme le taux de réussite des candidats qui y sont admis (que pourrait, par exemple, illustrer le taux des étudiants ayant par la suite accédé à un master) et les débouchés professionnels qu’elle offre. À cela s’ajoute une hétérogénéité de la qualité de l’information selon les formations. En dépit des instructions nationales données par le ministère, la présentation des formations est en effet loin d’être homogène, certaines réalisant plus d’efforts que d’autres pour rendre leurs informations réellement compréhensibles et exploitables par les candidats ;
  • la longueur de la procédure : même si, en 2022, 88 % des néo-bacheliers admis ont reçu la proposition qu’ils ont finalement acceptée en moins d’un mois, plus de 17 000 (4 %) ont attendu deux mois la proposition qu’ils ont finalement approuvée. Et, comme le note le Comité éthique et scientifique de Parcoursup, cette attente est nettement supérieure pour les bacheliers technologiques et surtout professionnels, alors qu’ils ont souvent besoin de connaître plus tôt leur affectation pour des raisons financières. Ces délais génèrent une anxiété supplémentaire à celle déjà suscitée par le choix de son orientation dans l’enseignement supérieur ;
  • le caractère encore trop opaque des modalités de classement utilisées par les commissions d’examen des vœux, qui sont à la discrétion de chaque formation et qui donnent lieu à des pratiques très diverses (emploi ou non d’une formule mathématique de pré-classement, prise en compte ou non du lycée d’origine…) : ce manque de transparence – notamment en comparaison de certaines pratiques étrangères3 –, couplée à une grande hétérogénéité des méthodes de classement, suscite toujours une forte suspicion et ne permet pas aux candidats de bien estimer leurs chances d’admission. Or sans confiance des jeunes et de leurs familles dans la façon dont les dossiers sont examinés et classés, le système ne peut susciter l’adhésion.
  1. GAGNER LA CONFIANCE DES USAGERS : UN IMPÉRATIF QUI PASSE PAR LA POURSUITE DE L’AMÉLIORATION DE LA PROCÉDURE
  2. RENDRE L’INFORMATION PLUS INTELLIGIBLE ET ENCOURAGER SON HARMONISATION ENTRE LES FORMATIONS

La masse d’informations disponible sur Parcoursup n’a de sens que si elle est comprise et exploitable par les usagers. Pour le rapporteur, l’enjeu n’est désormais plus celui de la quantité, mais celui de la qualité de l’information, c’est-à-dire son degré de clarté et d’intelligibilité. Les évolutions introduites en 2023 dans la fiche de présentation des formations, notamment s’agissant des critères d’analyse des candidatures, vont dans le bon sens, mais elles nécessitent un temps d’appropriation plus ou moins long selon les formations. Il appartient au ministère de l’enseignement supérieur de les accompagner dans ce travail en mettant à leur disposition, au moment du paramétrage des fiches de présentation, une « boîte à outils » partagée.

Recommandation n° 1 Pour faciliter le travail de présentation des formations et harmoniser leurs pratiques, mettre à disposition des établissements d’enseignement supérieur une base lexicale commune.

Le rapporteur estime, en outre, qu’une méthodologie commune de présentation et d’évaluation par filière de formation permettrait de gagner en lisibilité et en équité. L’exemple de la licence « sciences et techniques des activités physiques et sportives » (Staps) est, à cet égard, particulièrement intéressant. À ce jour, il s’agit de la seule filière ayant pris l’initiative de mettre au point une procédure nationale de classement des candidatures, basée sur des attendus et un barème communs.

Recommandation n° 2 Sur le modèle de la filière Staps, encourager l’élaboration d’une méthodologie commune de présentation et d’évaluation par type de formation.

  1. AVANCER LA DATE DE HIÉRARCHISATION DES VŒUX EN ATTENTE POUR ACCÉLÉRER LA PROCÉDURE

Suivant une recommandation du Comité éthique et scientifique de Parcoursup1 , le ministère a introduit, à l’occasion de la session 2022, une hiérarchisation des vœux en liste d’attente, au terme de la phase principale d’admission (à savoir le 15 juillet 2022). Cette évolution constitue une avancée, dans la mesure où elle permet de stabiliser plus tôt les admissions définitives et de réduire le délai d’attente d’une proposition pour les candidats qui n’en avaient pas. Les données nationales consolidées montrent ainsi, entre la session 2021 et la session 2022, une très légère accélération de la réception de la proposition finalement acceptée.

Afin de rendre cette accélération plus notable, un pas supplémentaire pourrait être franchi en fixant moins tardivement la date de hiérarchisation des vœux en attente, préconisation formulée par le comité dans son rapport annuel 2022 et à laquelle le rapporteur souscrit.

Recommandation n° 3 Avancer la date de la hiérarchisation des vœux en attente aux alentours de la mi-juin, afin de réduire le délai d’attente d’une proposition pour les candidats qui n’en ont pas et ainsi accélérer la procédure.

Plus globalement, sur la hiérarchisation des vœux – sujet sur lequel la commission s’était largement penchée lors de la création de Parcoursup –, le rapporteur souhaite pointer un dilemme, que l’audition de plusieurs chercheurs a permis de soulever. Si la hiérarchisation des vœux – a fortiori plus celle-ci est précoce dans le calendrier – présente des avantages certains en termes de réduction des délais, d’efficacité de la procédure, de diminution de l’anxiété des candidats, elle est aussi génératrice d’une aggravation des inégalités sociales entre lycéens. En effet, savoir hiérarchiser ses vœux suppose une démarche stratégique, qui n’est pas à la portée de tous, en particulier pour les lycéens les moins informés et les moins accompagnés dans l’élaboration de leur projet d’orientation. En outre, la hiérarchisation accroît le phénomène d’autocensure, dont font généralement preuve les élèves les moins bien dotés socialement. Pour le rapporteur, ces constats posent donc avec acuité la question de l’accompagnement à l’orientation au lycée (cf. infra).

.../... la suite de cette synthèse sera présentée demain

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