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Jeunes 24-25 ans : situation (13 12 2023)

Nous vous proposons aujourd’hui cette note, dense mais si intéressant, publiée le 28 novembre 2023 sur le site de l’INSEE (cliquer ici pour accéder au site de l’INSEE)

https://www.insee.fr/fr/statistiques/7717933.html

À 24-25 ans, la situation des jeunes reste liée à leurs résultats au collège et à leur origine sociale (INSEE FOCUS  No 312   Paru le : 28/11/2023)

par Flora Vuillier-Devillers (Insee), Meriam Barhoumi (Depp), Justine Klipfel (Sies)

 

En mars 2021, les 2/3 des jeunes de 24-25 ans ont terminé leurs études et occupent un emploi. 13 ans après leur entrée en 6e en 2007, 1 jeune sur 6 poursuit ses études, 1 sur 3 parmi ceux qui, dès le collège, avaient de bons résultats scolaires, 1 sur 3 aussi parmi les enfants de cadres. Parmi les étudiants, 1 sur 2 occupe également un emploi, notamment en stage ou en alternance. Enfin, 1 jeune sur 6 est, à 24-25 ans, ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) ; ils sont plus nombreux parmi ceux qui avaient eu les moins bonnes notes au brevet et parmi les peu ou pas diplômés. 3/4 des jeunes NEET ont déjà travaillé ; seulement 3 % d’entre eux n’ont jamais travaillé ni recherché un emploi. À 24-25 ans, 62 % des jeunes envisagent leur avenir professionnel avec optimisme. Cependant, les jeunes NEET et les jeunes en études sans emploi sont moins souvent optimistes, et déclarent davantage des difficultés, en particulier financières.

 

Sommaire

À 24-25 ans, deux jeunes sur trois ont fini leurs études et occupent un emploi

Les enfants de cadres et les jeunes ayant obtenu les meilleurs notes au brevet sont plus souvent en études que les autres

Les moins diplômés s’insèrent plus difficilement sur le marché du travail

La moitié des jeunes en études ont aussi un emploi

Un jeune sur six déclare avoir des difficultés financières

Les jeunes en emploi sont les plus confiants dans leur avenir professionnel

 

À 24-25 ans, deux jeunes sur trois ont fini leurs études et occupent un emploi

 

 

En 2021, les jeunes entrés en 6e en 2007 sont âgés, pour la plupart, de 24 ou 25 ans. 13 ans après leur entrée en 6e, les deux tiers d’entre eux sont sortis du système éducatif et occupent un emploi. Un jeune sur six est encore en études et un sur six n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation, situation communément désignée sous le terme de NEET (neither in employment nor in education or training) selon la terminologie d’Eurostat. Cette dernière catégorie regroupe des inactifs et des chômeurs. La situation de ces jeunes peut être affectée par des facteurs conjoncturels au moment de l’enquête ou de leur insertion sur le marché du travail.

 

L’épidémie de Covid-19 a notamment touché les jeunes adultes : plus de jeunes sont restés en études lors de l’année scolaire 2020-2021, mais cette hausse est surtout le fait des néo‑bacheliers et concerne donc peu la cohorte des jeunes entrés en 6e en 2007 : en 2015, la grande majorité avait déjà obtenu son baccalauréat.

Les jeunes sortis de formation initiale peu avant le début de l’épidémie, plus souvent en contrats temporaires, ont été les plus affectés par la chute des embauches et le non-renouvellement des contrats au printemps 2020. Mais l’emploi des jeunes a connu un rebond rapide dès la fin 2020.

 

Les enfants de cadres et les jeunes ayant obtenu les meilleurs notes au brevet sont plus souvent en études que les autres

 

La situation des jeunes à 24-25 ans sur le marché du travail est fortement liée à leur origine sociale. Notamment, les enfants de cadres sont trois fois plus souvent encore en études (32 %) que les enfants d’ouvriers non qualifiés (10 %). Les enfants de cadres sont moins souvent des NEET et sont moins souvent en emploi que les enfants d’ouvriers. Les descendants d’immigrés sont moins souvent en emploi que les jeunes sans ascendance migratoire directe (58 % contre 67 %) et plus souvent NEET (21 % contre 16 %) ; ces différences selon l’origine migratoire s’expliquent surtout par des différences d’origine sociale

 

La situation à 24-25 ans varie fortement selon le niveau des acquis au collège ou même avant, et ce quels que soient l’origine sociale et le sexe. D’une part, les jeunes arrivés ”en retard” en 6e sont plus souvent NEET (26 %) que ceux sans retard (15 %). En outre, parmi les 25 % de jeunes ayant obtenu les meilleures notes au brevet, 32 % poursuivent toujours leurs études en 2021, soit 4 fois plus que parmi les 25 % de jeunes ayant obtenu les moins bonnes notes (7 %). À l’inverse, les jeunes avec les moins bonnes notes au brevet sont nettement plus souvent NEET à 24-25 ans que les jeunes avec les meilleures notes (25 % contre 11 %).

 

Par ailleurs, les femmes sortent du système éducatif plus tard et plus diplômées que les hommes. À 24-25 ans, 20 % d’entre elles sont toujours en études (contre 16 % des hommes) et 43 % ont un emploi à durée indéterminée (47 % des hommes).

 

Les moins diplômés s’insèrent plus difficilement sur le marché du travail

 

En 2021, parmi les jeunes sortis du système éducatif, les moins diplômés ont une situation plus dégradée sur le marché du travail, malgré une présence plus longue sur celui-ci. Notamment, 43 % des jeunes sortis sans diplôme ou avec le seul diplôme national du brevet sont NEET. À l’inverse, les diplômés d’un bac+2 s’insèrent le plus facilement : plus rarement NEET (13 %), ils occupent plus souvent un emploi, y compris en CDI (64 %), que tous les autres diplômés.

 

La situation des jeunes NEET est souvent subie : environ 3 sur 4 recherchent un emploi ou attendent de signer un contrat de travail au moment de l’enquête en 2021. Pour 1/4 d’entre eux, le début de la recherche remonte à plus de 2 ans. Parmi le quart des jeunes NEET qui ne cherchent pas de travail, les raisons personnelles (notamment s’occuper de ses enfants), ou les raisons de santé sont les motifs les plus souvent avancés. La situation de NEET ne s’inscrit pas toujours dans la durée : 31 % d’entre eux étaient en emploi et 20 % en études un an auparavant. C’est particulièrement le cas pour les diplômés du supérieur, qui ont terminé leurs études plus récemment : ils représentent 33 % des jeunes NEET en 2021, mais seulement 17 % de ceux qui le sont depuis au moins un an. Les femmes avec enfants sont davantage en situation de NEET depuis au moins un an. Presque tous les jeunes NEET (97 %) ont déjà recherché ou occupé un emploi : les trois quarts ont déjà travaillé et les autres ont déjà cherché un travail.

 

La moitié des jeunes en études ont aussi un emploi

 

18 % des élèves entrés en 6e en 2007 sont toujours en études à 24-25 ans. 77 % d’entre eux suivent une formation de niveau supérieur ou égal à bac+3 et 13 % une formation de niveau bac+2. Les autres (9 %) suivent des études secondaires, pour préparer notamment un CAP, un baccalauréat ou un brevet professionnel.

 

50% des jeunes en études occupent aussi un emploi, le plus souvent dans le cadre de leur formation : 1/3 des jeunes en études sont en stage ou alternance. Ces derniers rencontrent moins souvent des difficultés à suivre ou à s’organiser dans leurs études que ceux avec un autre type d’emploi ou que ceux sans emploi. Cet écart illustre en partie la perception favorable de l’alternance par les étudiants. À 24-25 ans, 12 % des jeunes en études ont déjà interrompu au moins 1 fois leurs études depuis leur entrée en 6e en 2007. 80 % de ces arrêts sont intervenus autour de la terminale et de la transition entre l’enseignement secondaire et supérieur.

 

Un jeune sur six déclare avoir des difficultés financières

 

Un jeune/3 des 24-25 ans déclare rencontrer en 2021 des difficultés de logement, de transport, de santé, familiales ou financières, celles-ci les plus souvent évoquées, par 1 jeune sur 6.

 

Ceux en emploi sont moins souvent confrontés que les autres à ces difficultés. En particulier, trois jeunes en emploi stable sur quatre ne déclarent aucune difficulté, contre deux sur trois parmi ceux occupant d’autres types d’emploi.

 

Les jeunes NEET et les jeunes en études sans emploi déclarent plus souvent que les autres rencontrer des difficultés, notamment financières : un sur 4 déclare avoir des difficultés pour payer ses dépenses de base (logement, nourriture, soins, etc.), contre un sur six en moyenne. Les jeunes NEET sont plus exposés à tous les types de difficultés. À 24-25 ans en 2021, un étudiant sans emploi sur 2 est aidé financièrement par sa famille, 1 sur 4 parmi ceux qui cumulent études et emploi ou parmi les jeunes NEET, mais seulement moins d’un jeune en CDI sur 20.

 

Les jeunes en emploi sont les plus confiants dans leur avenir professionnel

 

En 2021, 62 % des jeunes entrés en 6e en 2007 se déclarent plutôt optimistes quant à leur avenir professionnel, 17 % se déclarent inquiets et 22 % ne se prononcent pas. Cela correspond à un solde d’opinion de +45 points. Les jeunes qui occupent un emploi sont les plus optimistes, y compris lorsqu’ils le cumulent avec leurs études, les plus confiants étant ceux ayant un CDI (solde de +62 points). À l’inverse, les jeunes en études sans emploi (solde de +19 points) et les jeunes NEET (solde de +13 points) sont les moins confiants.

 

Le contexte marqué notamment par l’épidémie de Covid-19 perturbe la perception de l’avenir de cette génération différemment selon la situation des jeunes adultes. Les jeunes encore dans le système éducatif en 2021 se déclarent nettement moins optimistes que les jeunes dans la même situation, âgés de 22-23 ans en 2019, alors que leur niveau de formation est plus élevé. Une partie des jeunes en études en 2019 est sortie du système éducatif en 2021, mais cette baisse du solde d’opinion s’observe également quand on se restreint aux individus en études à la fois en 2019 et en 2021. La baisse d’optimisme est la plus forte parmi les jeunes en études sans emploi et, dans une moindre mesure, parmi les jeunes en stage ou alternance, bien qu’ils restent les plus optimistes après les jeunes en emploi stable (CDI). À l’inverse, le niveau de confiance des jeunes en emploi sortis du système éducatif est stable. Là aussi, ce constat reste vrai parmi les jeunes n’ayant pas changé de situation vis‑à‑vis de l’emploi entre 2019 et 2021. Pris dans leur ensemble, les jeunes entrés en 6e en 2007 sont presque aussi optimistes en 2021 qu’en 2019, malgré la baisse d’optimisme de ceux encore en études : ils sont en 2021 plus souvent en emploi qu’en 2019 (66 % contre 46 %), et avoir un emploi rend plus confiant dans son avenir professionnel.

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