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Autopartage : jusqu’à 1 000 € d’économies par an (22 06 2026)

Nous vous proposons aujourd’hui cette note publiée le 28 mai 2026 sur le site de l’Agence de la Transition Ecologique (cliquer ici pour accéder au site de l’ADEME)

https://infos.ademe.fr/mobilite-transports/2026/autopartage-jusqua-1-000-e-deconomies-par-an/?utm_campaign=Newsletter_ADEME_INFOS_427&utm_source=Connect&utm_medium=email

Autopartage : jusqu’à 1 000 € d’économies par an

Avec l’annonce récente d’un objectif national de 70000 véhicules en autopartage d’ici 2031 (contre 14000 aujourd’hui) et celle du déploiement par Île-de-France Mobilité d’un service public de 5000 voitures partagées, l’autopartage se développe en France. Déjà adopté par un million d’usagers, ce modèle présente des bénéfices concrets : selon l’Enquête Nationale Autopartage 2025 de l’ADEME, chaque véhicule partagé remplace entre 5 et 7 voitures individuelles et permet jusqu’à 1000 € d’économies par an et par utilisateur.

Qu’est-ce que l’autopartage ?

Pour commencer, ce n’est pas du covoiturage. ʺLe covoiturage, c’est quand on partage une voiture pour un trajet commun, avec un conducteur et des passagers. De son côté, l’autopartage est un service où l’on loue un véhicule pour un temps limité, à l’heure ou à la journée, et où l’on peut être seul dans la voitureʺ résume Mathieu Chassignet, ingénieur mobilités actives et partagées et pilote de l’étude à l’ADEME. Cinq formes principales coexistent aujourd’hui en France.

* Il y a d’abord l’autopartage en boucle via un opérateur, qui propose des véhicules en libre-service avec restitution au point de départ, à une tarification à l’heure et au kilomètre, carburant inclus. C’est un pilier du secteur avec une grande diffusion. 

* Ensuite, il y a l’autopartage en entreprise et l’autopartage résidentiel, qui sont des formes d’autopartage en boucle proposées respectivement par l’employeur ou par une résidence. 

* Plus connu dans les grandes agglomérations comme Paris, l’autopartage en free-floating via un opérateur offre des véhicules en libre-service, accessibles 24h/24 et 7j/7, à une tarification à la minute ou aux 15 minutes. Ceux véhicules peuvent être empruntés et restitués à deux endroits différents. 

*La location de voiture entre particuliers est aussi une forme d’autopartage, qui consiste à mettre en relation par une plateforme les propriétaires de voitures et les personnes souhaitant en louer. 

*Enfin, l’autopartage entre particuliers (AEP) est une pratique plus informelle où les prêteurs et emprunteurs des véhicules sont des personnes n’appartenant pas au même ménage, sans que le propriétaire du véhicule ne réalise de bénéfice. La moitié des personnes qui font de l’autopartage entre particuliers habitent dans des aires urbaines de moins de 100000 hab.ʺ, souligne Mathieu Chassignet. Une complémentarité territoriale bienvenue, car l’autopartage traditionnel, lui, se concentre surtout dans les grandes agglomérations.

 

Des motivations économiques, des gains (aussi) écologiques

Si l’autopartage séduit, c’est pour des raisons économiques. ʺC’est la principale motivation, explique Mathieu Chassignet, car pour des personnes qui utilisent rarement une voiture, c’est bien plus économique d’avoir recours à l’autopartage que d’acheter sa voitureʺ. C’est aussi beaucoup plus pratique, car cela évite les contraintes d’entretien, de stationnement ou d’assurance (qui ont aussi un coût).

 

Chiffres de l’enquête de l’ADEME : une voiture en autopartage évite entre 18000 et 48000 kilomètres parcourus en voiture individuelle. À l’échelle individuelle, cela se traduit par une réduction de 750 à 2000 km par an pour un usager moyen, soit une économie annuelle entre 400 € et 1000 €. L’impact le plus frappant reste celui sur la motorisation. Parmi les utilisateurs de l’autopartage en boucle, 60 % se sont séparés d’un véhicule après leur inscription. ʺPour 50% moitié d’entre eux, cette démotorisation est liée à l’autopartageʺ précise Mathieu Chassignet. En fait, une voiture en autopartage en boucle permet de remplacer entre 5 et 7 voitures individuelles. Et ce n’est pas tout : chaque véhicule partagé libère entre 1 et 1,9 place de stationnement sur la voirie publique, un enjeu crucial dans des villes où l’espace se raréfie.

 

ʺQuand je fais mes courses le premier jour ouvré du mois, j’utilise l’autopartage et je vais faire mes achats en gros. Ça me permet de charger l’eau, les gros paquets, etc.ʺ

Témoignage d’un autopartageurEnquête Nationale Autopartage 2025 ADEME

Demain, 5 millions d’autopartageurs ?

D’après l’enquête de l’ADEME, c’est l’horizon qui se dessine, car l’autopartage n’est plus une pratique confidentielle. ʺNous avons interrogé un échantillon représentatif de 1 000 conducteurs, explique Mathieu Chassignet, et nous nous sommes rendu compte que 59 % d’entre eux connaissent l’autopartage et savent à quoi cela correspondʺ. Cette notoriété en forte hausse s’explique par une meilleure visibilité des services et une culture du partage qui s’installe progressivement. La vraie surprise vient du potentiel de développement. L’étude identifie 3,5 à 4 millions de nouveaux usagers potentiels, dont les pratiques de mobilité (usage faible de la voiture, recours régulier à d’autres modes, prédispositions à utiliser l’autopartage) et les intentions déclarées traduisent une probabilité réelle de pratiquer l’autopartage. ʺOn pourrait arriver à moyen terme à 5 millions d’utilisateursʺ estime Mathieu Chassignet, en ajoutant le million d’usagers actuels. Un marché adressable qui représenterait près de 12 % des conducteurs français. Pour atteindre cet objectif, les leviers sont clairs : améliorer la dispersion territoriale de l’offre, qui reste aujourd’hui plutôt concentrée dans les grandes villes, et limiter le coût pour attirer ces nouveaux profils. ʺCes conducteurs constituent un segment clé : ils sont déjà engagés dans une transition, mais n’ont pas encore trouvé les conditions concrètes pour franchir le pasʺ résume Mathieu Chassignet.

 

ʺPendant les vacances, on prend les billets de train et on loue une voiture proche de la gare de destination pour se balader dans les environs.ʺ

Témoignage d’un autopartageur, Enquête Nationale Autopartage 2025 ADEME

Les autopartageurs : des citadins… mais pas que

Longtemps perçu comme un service réservé aux urbains diplômés et aisés, l’autopartage voit son public se diversifier. ʺLes usagers restent plutôt des citadins diplômés et issus de catégories socioprofessionnelles supérieures, mais l’émergence de l’autopartage par l’employeur et de l’autopartage entre particuliers favorisent une inclusion sociale et territoriale accrueʺ, note Mathieu Chassignet. Si l’autopartage en boucle touche surtout les 30-60 ans des grandes agglomérations, son déploiement progresse dans les petites villes, et l’autopartage entre particuliers séduit davantage les ménages modestes et les habitants des petites villes et zones rurales.

58 % des personnes qui font de l’autopartage entre particuliers habitent dans des aires urbaines de moins de 100 000 habitants.

Mathieu Chassignet, ingénieur mobilités actives et partagées et pilote de l’étude à l’ADEME

 

Un impact social : redonner de la mobilité à ceux qui en manquent

Au-delà des gains économiques et environnementaux, l’autopartage joue un rôle social non négligeable. « C’est finalement l’accès à une mobilité supplémentaire pour des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture » explique Mathieu Chassignet. Pour certains, l’autopartage permet de rompre l’isolement. Les visites à des proches redeviennent possibles grâce à un véhicule partagé. ʺParfois, on se prive de le faire si on n’a pas accès à un véhicule de temps en tempsʺ note Mathieu Chassignet.

 

ʺPour aller à un spectacle qui se trouve dans une ville à une cinquantaine de kilomètres, je choisis l’autopartage.ʺ

Témoignage d’une autopartageuseEnquête Autopartage 2025 ADEME

Quelles recommandations pour les collectivités ?

L’autopartage ne peut pas se développer seul. ʺIl y a une vraie complémentarité entre l’autopartage et les transports collectifs et le véloʺ» insiste Mathieu Chassignet. Ainsi une personne qui a besoin d’aller travailler en voiture ne va pas passer à l’autopartage. À l’inverse, les gens qui se déplacent au quotidien en transport collectif ou à vélo et gardent une voiture pour des trajets ponctuels ou des week-ends de loin en loin sont les cibles idéales. Les collectivités ont des pistes claires et doivent soutenir l’offre d’autopartage en accordant des emplacements sur la voirie, en communiquant sur les services existants ou en utilisant elles-mêmes le service pour les trajets des agents. L’exemple francilien montre la voie : Ile-de-France Mobilités va lancer un service public d’autopartage avec un objectif de 5000 voitures. De même, les collectivités peuvent développer les alternatives à la voiture : transports en commun ou aménagements cyclables pour créer un écosystème multimodal cohérent. Enfin, elles peuvent aussi mettre en place des contraintes sur la voiture individuelle, notamment via le stationnement payant ou la réduction des places dédiées.

 

ʺJe n’ai jamais été très attaché à ma voiture, pour moi c’est un outil.ʺ

Témoignage d’un autopartageur, Enquête Nationale Autopartage 2025 ADEME

Vers une mobilité moins centrée sur la possession

L’autopartage s’inscrit dans une transition plus large vers une mobilité plus sobre et partagée. ʺL’autopartage est un service assez optimisé. En trois clics, je réserve ma voiture, je la prends et n’ai pas à me soucier de ce qui est entretien, revente, parking, etc.ʺ résume Mathieu Chassignet. Les usagers interrogés dans le cadre de l’étude confirment cette désacralisation de la voiture. ʺJe n’ai jamais été très attaché à ma voiture, pour moi c’est un outilʺ, explique l’un d’eux. ʺJ’ai arrêté d’avoir une voiture à partir du moment où le stationnement est devenu payant partout dans la villeʺ témoigne une autre. À l’inverse, le modèle montre ses limites dans certaines zones rurales, où l’offre reste trop faible. ʺJe crois que je suis en train de renoncer à l’idée de ne pas avoir de voiture à la campagne. Il faut que j’aie une voiture, sinon c’est juste trop lourd à gérerʺ avoue une usagère de l’autopartage entre particuliers dans ce cas.

De manière générale, les signaux sont au vert. ʺL’ADEME a publié il y a un an une vaste étude sur le covoiturage dans laquelle on retrouve une certaine similarité sur les publicsʺ note Mathieu Chassignet. Près de la moitié des usagers de l’autopartage sont également inscrits sur une plateforme de covoiturage, une complémentarité qui montre que les Français sont de plus en plus prêts à mixer les modes de transport selon leurs besoins. ʺL’autopartage, c’est une solution d’équilibre entre réduction de la possession automobile et maintien d’un accès ponctuel à la voitureʺ, résume Mathieu Chassignet. Reste à lever les derniers freins : visibilité, accessibilité et coût. ʺLe développement de l’autopartage repose aussi sur sa visibilité et sa lisibilité. Il est connu, mais encore peu utilisé. Et il doit devenir un réflexe de mobilitéʺ conclut l’Enquête Autopartage 2025.

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