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Population France : état de santé 2011 (2/2) (28 07 2012)

Nous proposons un 2e volet des Extraits (résumé, sommaire, 2 thématiques/15) d’un rapport de Mme Sandrine Danet publié le 26 juin 2012 sur le site de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques du Ministère des Affaires sociales et de la Santé (cliquer ci-dessous pour accéder au site de la DREES, ou au texte du rapport PDF)

http://www.drees.sante.gouv.fr/l-etat-de-sante-de-la-population-en-france,10979.html

http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er805.pdf

Sandrine DANET (Drees) L’état de santé de la population en France

Rapport de suivi des objectifs de la loi de santé publique 2011 (Etudes et résultats, n°805, Drees, juin 2012)

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Des enjeux de santé différents selon le sexe et les âges de la vie

 

Comparativement aux pays de même niveau de vie, l’état de santé en France apparaît plutôt bon. Les situations sont cependant très différenciées entre les hommes et les femmes. Particulièrement élevée pour les femmes en France, l’espérance de vie à la naissance (84,8 ans pour les femmes et 78,2 ans pour les hommes en 2011)  continue de progresser et l’écart entre hommes et femmes tend à se réduire : en dix ans, les hommes ont gagné 2,8 ans d’espérance de vie et les femmes 1,9 an.

 

En 2010, l’espérance de vie à 65 ans est la plus élevée d’Europe, tant pour les femmes que pour les hommes. Elle s’élève à 22,8 ans chez les femmes, soit 1,6 an de plus qu’en 2000, et à 18,6 ans chez les hommes, soit 1,9 an de plus qu’en 2000. Pour les hommes, le décalage entre l’espérance de vie après 65 ans et l’espérance de vie à la naissance s’explique en partie par le poids des décès prématurés.

 

 

Toutefois si les femmes ont une espérance de vie plus longue que celle des hommes, elles vivent aussi plus longtemps avec des incapacités. Entre 2004 et 2010, les hommes à 65 ans sont toujours dans une phase d’équilibre dynamique entre l’augmentation de l’espérance de vie (EV) et l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), le ratio EVSI/EV étant à peu près constant, les femmes à 65 ans sont plutôt dans une phase d’expansion de l’incapacité avec un ratio EVSI/EV qui décline.

 

Paradoxalement, si l’espérance de vie des hommes est moins élevée que celle des femmes, les hommes, à âge égal, se sentent en meilleure santé, déclarent moins de maladies, moins de limitations fonctionnelles et moins de recours aux soins que les femmes.

 

Le poids relatif des pathologies diffère selon l’âge : les maladies infectieuses et allergiques prédominent dans l’enfance, tandis que les pathologies ostéo-articulaires et les troubles psychiques sont plus prégnants en milieu de vie et les maladies cardiovasculaires chez les personnes plus âgées. Passée la première année de vie, le recours aux soins est faible chez les jeunes et maximal en fin de vie.

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Des disparités sociales et territoriales persistantes

 

Les inégalités sociales de mortalité sont importantes. L’écart d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 6,3 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes. En outre, plus l’espérance de vie est courte, plus elle est grevée d’incapacités fonctionnelles.

 

Les différences sociales d’espérance de vie sans incapacité perdurent après 60 ans, témoignant d’un effet de long terme de la catégorie socioprofessionnelle et des conditions de vie qui lui sont associées.

 

À âge égal et pour les personnes de même sexe l’existence et l’importance des problèmes de santé sont corrélées à la position sociale et au niveau d’études. Ces disparités sont liées à un ensemble de facteurs combinés, qui tiennent à des différences tant en matière d’exposition aux risques que d’environnement ou de comportements socioculturels. Les inégalités s’inscrivent dès le plus jeune âge.

 

La proportion d’enfants obèses a diminué de façon plus ou moins importante dans toutes les catégories,excepté pour les enfants d’ouvriers :en 2005, les ouvriers comptent dix foisplus d’enfants obèses que les cadres,contre quatre fois plus en 2002. Certains dispositifs comme le dépistage organisé peuvent contribuer à réduire les inégalités de santé. En 2010, d’après l’enquête du Baromètre santé, plus de 80 % des femmes déclarent avoir réalisé une mammographie récemment (dans les 2 ans précédant l’enquête). Depuis la généralisation du dépistage en 2004, les écarts entre les classes d’âge se sont atténués et, dans les classes sociales les moins favorisées, si le taux de couverture reste plus faible, les disparités socioéconomiques semblent se réduire progressivement.

 

Les dispositifs comme la couverture maladie universelle (CMU) et les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) ont pour objectif d’améliorer l’accès aux soins des personnes en situation précaire. Des obstacles financiers peuvent toutefois persister en population générale. En 2008, 15 % des personnes adultes de 18 ans ou plus déclaraient avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois. Les renoncements sont toujours concentrés sur un nombre limité de soins, ceux pour lesquels les dépenses restant à la charge du ménage sont les plus importantes.

 

Ainsi, 47 % des renoncements concernent la santé bucco-dentaire, 18 % les lunettes et 12 % les soins de spécialistes. Ce renoncement est plus fréquent pour les femmes (18 %) que pour les hommes (12 %). L’absence de couverture complémentaire est le facteur principal du renoncement.

Quand les données régionales ou départementales existent, on constate des différences territoriales sensibles en matière de mortalité et de morbidité pour de nombreux problèmes de santé. Ces disparités, qui sont en partie liées à des différences territoriales, de structures démographiques ou sociales, témoignent toutefois de besoins de santé différenciés.

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