Article de M. Alain Lompech, paru le 28 février 2009 sur le site du Monde (cliquer ici pour accéder au site du Monde)
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/02/28/becher-ou-ne-pas-becher-telle-est-la-question_1161694_3238.html#xtor=EPR-32280155&ens_id=628868
Les jours rallongent, les merles et les grives chantent et se mettent des peignées sans prendre garde au chat qui les boulotterait bien. Les pinsons commencent à prendre leurs distances, tandis que le rouge-gorge devient presque plus effronté, comme s'il devinait qu'on n'allait pas tarder à sortir la bêche pour faire quelques trous et remuer la terre. Il suit le jardinier d'un bout du jardin à l'autre, volant d'un buisson à une allée si rapidement que l'on ne voit parfois que son ombre passer.
Surtout, de ses deux yeux ronds et sombres, le rouge-gorge regarde en hochant la tête, en la mettant de côté, tandis qu'il remet ses ailes en place très rapidement. Mais non, il ne fait pas la cour au jardinier ! Il lui cause, à sa façon. Et les deux se comprennent.
Ça tombe fort bien, car des trous il va falloir en faire et remuer de la terre pas moins, ce qui va donner l'occasion à cet oiseau d'attraper quelques insectes sortis du sol.
Encore qu'une mode propagée par le jardinage écologique dit qu'il ne sert à rien de bêcher, mieux que c'est mauvais pour le jardin : ça fait mal à la terre. On n'est pas convaincu. Entre pratiquer le double bêchage aussi épuisant qu'inutile préconisé autrefois... quand le jardinage n'était que biologique, qu'écologique, et ne pas remuer la terre du tout, il y a un moyen terme.