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tabac : sevrage et gomme à mâcher (13 11 2009)

SEVRAGE TABAGIQUE : les gommes à mâcher à la nicotine  une aide remise en cause ?

Article publié dans le n° 101 (octobre 2009) de la revue Tabac Actualités de l’Institut National de Prévention et d’éducation pour la Santé (cliquer ici pour accéder au texte pdf de la revue de l’INPES)

http://www.inpes.sante.fr/TA/pdf/Tabactu101.pdf

 

Site del’INPES : www.inpes.sante.fr

 

L’arrêt du tabac est une entreprise difficile. Le traitement par substitution nicotinique a pour objectif de remplacer la nicotine contenue dans les cigarettes.

 

Parmi les formes galéniques disponibles, les gommes à mâcher sont largement utilisées, notamment par de nombreux fumeurs qui ne sont pas prêts à arrêter leur tabagisme et qui préfèrent réduire le nombre de cigarettes quotidiennes en s’aidant de ces substituts nicotiniques. Une équipe suisse a cherché à savoir si ce mode de sevrage (réduction + substituts) était efficace lorsque le fumeur avait recours aux gommes à mâcher. Cette approche (dite « cut down to quit » : diminuer pour arrêter) est en effet peu documentée.

Selon plusieurs études, ce mode de sevrage alternant gommes à mâcher et cigarettes donnait de meilleurs résultats que la consommation de gommes à mâcher démarrée le jour de l’arrêt du tabac. À l’inverse, d’autres travaux n’ont montré aucune différence entre les deux stratégies de sevrage.

 

Au départ, l’équipe de Jean-François Etter (université de Genève) émettait l’hypothèse que la consommation de gommes à mâcher à la nicotine avant l’arrêt de la cigarette était plus efficace pour 3 raisons. D’abord, en permettant aux fumeurs de réduire graduellement la cigarette, mâcher ces gommes les aiderait à s’arrêter de fumer. Ensuite, ce procédé leur donnerait le temps de s’habituer au goût particulier des gommes pour les utiliser sans réticence lors de l’arrêt total du tabagisme et ainsi moins souffrir de symptômes de manque. Enfin, cette préparation permettrait de casser le lien entre le geste de fumer et la « récompense » en nicotine, et de réduire le besoin de cigarettes.

 

Les chercheurs ont réparti en 2 groupes 314 volontaires (fumant en moyenne 23,7 cigarettes par jour). Les premiers ont mâché des gommes à la nicotine pendant 4 semaines avant d’arrêter de fumer, réduisant progressivement leur consommation de tabac (divisée par 2 la semaine précédant l’arrêt de la cigarette), et ont continué durant 8 semaines après cet arrêt. Les autres n’ont reçu leurs premières gommes que le jour de leur dernière bouffée, pour une durée de 8 semaines également.

 

Résultat

Un an après, 20,8 % des participants du premier groupe et 19,4 % de ceux du deuxième groupe avaient arrêté totalement de fumer. Le taux de succès, assez élevé au demeurant, est donc pratiquement identique dans les 2 groupes. La stratégie de réduction + substitut semble ainsi n’avoir aucun intérêt, ce qui a quelque peu surpris les auteurs.

 

Par ailleurs, contrairement à leur attente, ceux-ci ont observé que le taux de succès était particulièrement élevé chez les participants ayant arrêté de fumer du jour au lendemain. Ceci leur laisse à penser, à l’instar d’autres chercheurs, que la décision ferme de s’arrêter est plus efficace qu’une stratégie de réduction du tabagisme, facilitant finalement les rechutes.

 

Ce qu’il faut retenir :

- Mâcher des gommes à la nicotine pour réduire sa consommation de cigarettes avant d’arrêter de fumer ne facilite pas le sevrage

- Que l’on ait commencé à mâcher ces gommes 4 semaines avant l’arrêt total du tabac ou à partir du jour de l’arrêt, le taux d'abstinence à un an est identique

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